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Myanmar. La condamnation d’un réalisateur japonais à sept ans d’emprisonnement est une nouvelle attaque contre les médias indépendants

En réaction aux informations selon lesquelles un tribunal contrôlé par l’armée du Myanmar a condamné le réalisateur japonais Toru Kubota à sept ans d’emprisonnement, Ming Yu Hah, directrice régionale adjointe pour le travail de campagne à Amnesty International, a déclaré :

« Avec ce nouveau jugement, l’armée du Myanmar ne fait que confirmer sa réputation d’être l’un des pays qui emprisonne le plus de journalistes au monde.

« Filmer une manifestation n’est pas un crime. L’armée du Myanmar doit libérer immédiatement Toru Kubota et le laisser rentrer chez lui. Elle doit aussi remettre en liberté tous les journalistes arrêtés et condamnés pour avoir simplement fait leur travail, et abandonner toutes les poursuites engagées contre eux.

« Il est aujourd’hui extrêmement dangereux d’être journaliste au Myanmar, où les autorités militaires piétinent régulièrement le droit à la liberté d’information et à la liberté de la presse. Depuis leur arrivée au pouvoir par un coup d’État l’an dernier, elles ont interdit des organes de presse et arrêté, battu, agressé sexuellement et même tué des journalistes en détention. »

Complément d’information

Le réalisateur japonais de films documentaires Toru Kubota a été condamné à trois ans d’emprisonnement pour « incitation » et à sept ans pour infraction à une loi relative aux communications électroniques. Selon les informations recueillies par Amnesty International, ces deux peines se confondent, si bien qu’il devra purger sept années de prison au total.

Il semblerait que Toru Kubota ait été arrêté après avoir couvert une manifestation à Yangon, la plus grande ville du Myanmar, en juillet 2022. Son procès s’est déroulé en secret devant un tribunal contrôlé par l’armée et il a vraisemblablement été condamné à une peine d’emprisonnement pour avoir filmé la manifestation, ce qui ne devrait pas être considéré comme une infraction.

Il fait partie des plus de 15 000 personnes arrêtées depuis le coup d’État militaire qui a eu lieu au Myanmar le 1er février 2021.

Amnesty International continuera de faire campagne pour la libération des personnes détenues arbitrairement au Myanmar pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux.