Argentine. La légalisation de l’avortement est une victoire historique

Amnesty International salue l’adoption historique de la loi permettant l’interruption légale de la grossesse jusqu’à la 14e semaine de grossesse en Argentine, une réussite qui encourage d’autres pays de la région et du monde à prendre des mesures pour assurer l’accès sûr et légal à l’avortement et donc la réalisation des droits humains des femmes, des filles et des personnes ayant la capacité de procréer.

« C’est une victoire pour le mouvement des femmes en Argentine, qui se bat pour ses droits depuis des dizaines d’années. Dorénavant, les personnes décidant de mettre un terme à leur grossesse auront accès à un service sûr et de haute qualité. Aujourd’hui, nous avons grandi en tant que société. Amnesty International travaillera en vue de veiller à ce que l’État garantisse le respect de la légalisation de l’avortement dans tout le pays », a déclaré Mariela Belski, directrice d’Amnesty International Argentine.

Aujourd’hui, nous avons grandi en tant que société. Amnesty International travaillera en vue de veiller à ce que l’État garantisse le respect de la légalisation de l’avortement dans tout le pays .
Mariela Belski, directrice d’Amnesty International Argentine

La loi a été adoptée au Sénat avec 38 voies pour, 29 contre et une abstention, avec un soutien de plusieurs partis de l’ensemble de l’échiquier politique. La loi reconnaît le droit des femmes et des personnes ayant la capacité de procréer de prendre des décisions libres et informées sur leur corps et permet à l’État argentin d’avancer vers le respect de ses engagements en matière de santé publique et de droits humains.

« Aujourd’hui, l’Argentine a fait un pas emblématique en avant dans la défense des droits des femmes, des filles et des personnes ayant la capacité de procréer. Le pays a également fait passer un message fort d’espoir à tout notre continent : nous pouvons changer de cap et nous éloigner de la voie de la criminalisation de l’avortement et des avortements clandestins, qui entraînent de graves risques pour la santé et la vie de millions de personnes. Tant la loi adoptée par le Congrès argentin aujourd’hui que le très grand travail du mouvement des femmes en vue d’atteindre cet objectif sont source d’inspiration pour les Amériques et le monde », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice régionale pour les Amériques à Amnesty International.

Points clefs de la nouvelle loi

  • L’avortement est accessible librement jusqu’à la 14esemaine de grossesse.
  • Passé ce délai, l’avortement est légal en cas de danger pour la vie ou la santé de la femme enceinte ou bien en cas de viol.
  • Les interruptions de grossesse sont accessibles dans les services du système de santé public et privé, dans un délai maximal de 10 jours après la formulation d’une demande.
  • Les personnes de 16 ans et plus peuvent donner elles-mêmes leur consentement. Les filles de 13 à 16 ans sont considérées comme ayant la capacité et la maturité nécessaires pour prendre leurs décisions sur la pratique et donner leur consentement, à moins qu’une procédure impliquant un grave risque pour leur santé ou leur vie doive être menée (comme prévu par l’article 26 de Code civil et commercial national).
  • Les membres du personnel de santé doivent fournir un traitement digne, garantir la protection et la confidentialité des informations et respecter l’autonomie de la volonté.
  • Tout représentant de l’État ou membre du personnel médical qui retarde ou entrave un avortement dans les cas légaux ou refuse de le pratiquer est susceptible d’être sanctionné ou interdit de pratiquer.
    Aujourd’hui, l’Argentine a fait un pas emblématique en avant dans la défense des droits des femmes, des filles et des personnes ayant la capacité de procréer. Le pays a également fait passer un message fort d’espoir à tout notre continent : nous pouvons changer de cap et nous éloigner de la voie de la criminalisation de l’avortement et des avortements clandestins, qui entraînent de graves risques pour la santé et la vie de millions de personnes
    Erika Guevara-Rosas, directrice régionales pour les Amériques à Amnesty International

Il ne reste plus qu’à publier la loi au Journal officiel. Avec cette décision historique, l’Argentine rejoint le groupe de plus de 50 pays qui ont mis fin aux avortements dangereux.