Yémen. L'ONU doit réagir après la mort de cinq enfants tués par une nuit d'horreur

Le raid aérien qui a frappé très tôt ce matin Faj Attan, un quartier résidentiel de Sanaa, capitale du Yémen, détruisant trois maisons et faisant dix morts et sept blessés, montre qu'après plus de deux ans d’un conflit dévastateur au Yémen, l'Arabie saoudite méprise toujours de façon éhontée le droit international humanitaire, a déclaré Amnesty International le vendredi 25 août 2017.

« La nuit dernière, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite a bombardé des civils dans leur sommeil, tuant cinq enfants et en blessant grièvement trois autres. D’après des habitants, l’attaque aérienne a tué sept membres d’une famille de huit personnes, une fillette de quatre ans étant la seule survivante. De nombreuses personnes sont restées piégées sous les décombres de leurs logements jusqu'au début de la matinée », a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International.

D’après un témoin oculaire, cette attaque faisait partie d'une série de frappes aériennes qui ont commencé dans la zone vers 2 heures du matin et ont duré au moins une demi-heure. Selon des habitants, il n'y avait aucune cible militaire dans la zone au moment du raid. Même dans le cas où il y aurait eu des cibles militaires, une telle attaque, compte tenu de la présence de civils, est vraisemblablement disproportionnée.

« Après cette nuit d'horreur, de sérieuses questions se posent pour les dirigeants de l'ONU, qui, l'année dernière, ont pris la décision honteuse de retirer la coalition de la liste des auteurs de violations des droits des enfants dans les conflits armés », a déclaré Lynn Maalouf.

« Nous demandons à l'ONU de regarder les faits – les écoles et les hôpitaux en ruines, les centaines de jeunes vies perdues au cours de frappes aériennes irresponsables l’année dernière – et de revoir cette décision pour le prochain rapport sur la situation des enfants touchés par les conflits armés. Il est urgent de soumettre l'Arabie saoudite à un examen minutieux pour la série de crimes relevant du droit international et les autres violations des droits humains que ses forces ont commises au Yémen. »

 

Complément d’information

En juin 2016, un porte-parole de Ban Ki-moon, alors secrétaire général de l'ONU, a annoncé que la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite serait retirée de la liste des États et groupes armés qui violent les droits des enfants dans les conflits armés, établie par la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour les enfants et les conflits armés. Cette décision était la conséquence directe de pressions diplomatiques exercées par l'Arabie saoudite.