La Moldavie a franchi une étape importante dans la lutte contre les violations les plus graves des droits humains en ratifiant le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), a déclaré Amnesty International. « Il est bon de voir la Moldavie s’engager en faveur de la justice internationale et œuvrer pour mettre fin à l’impunité pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre », a déclaré Christopher Keith Hall, conseiller principal au sein du Projet justice internationale (IJP).Cette ratification intervient après plus de dix ans de mobilisation de la part de la structure d’Amnesty International en Moldavie et d’autres organisations de la société civile du pays. La Moldavie devient le 114e État à avoir ratifié le Statut de Rome.« Doucement mais sûrement, de plus en plus de pays ratifient le Statut de Rome, et l’impunité qui a privé de justice les très nombreuses victimes de ces crimes odieux voit son champ d’action se rétrécir inexorablement », a déclaré Christopher Keith Hall.Cependant, Amnesty International s’est dite préoccupée par le fait qu’un certain nombre de pays ayant ratifié le Statut de Rome n’avaient toujours pas respecté leurs engagements vis-à-vis de la CPI. En effet, de nombreux pays ayant ratifié le Statut de Rome n’en ont toujours pas transposé les dispositions dans leur législation ou n’ont pas conclu avec la CPI les accords complémentaires relatifs aux privilèges et immunités, à la réinstallation des victimes et à l’application des peines.« La ratification est importante, mais elle ne constitue qu’une première étape, a souligné Christopher Hall. Il est essentiel maintenant que la Moldavie réforme sa législation afin qu’elle puisse coopérer pleinement avec la Cour, et que les tribunaux moldaves puissent honorer l’obligation qu’ils auront désormais d’enquêter sur les cas de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, et d’engager des poursuites contre les auteurs de ces agissements. »

