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Amnesty International condamne l'exécution en Iran d'un mineur délinquant

Amnesty International a condamné l'exécution de Behnoud Shojaee, un Iranien de vingt et un ans qui a été mis à mort le 12 octobre à l'aube dans la prison d'Evin, à Téhéran, pour un meurtre commis alors qu'il était âgé de dix-sept ans. Déclaré coupable du meurtre d'un garçon lors d'une bagarre intervenue dans un parc le 18 juin 2005, Behnoud Shojaee avait été condamné à mort à titre de qisas (réparation) par le tribunal pénal de Téhéran le 2 octobre 2006. Son exécution avait été reportée à plusieurs reprises (six, semble-t-il). Selon son avocat, quelque 200 personnes se sont rassemblées devant la prison avant l'exécution afin d'implorer la famille de la victime de lui épargner la vie. En Iran, la famille d'une victime de meurtre a le choix entre exiger l'exécution du condamné ou le gracier et recevoir une compensation financière, la diya. Une personne reconnue coupable de meurtre n'est en revanche pas autorisée à solliciter une grâce à l'État, en violation de l'article 6-4 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel l'Iran est partie. La famille a refusé de gracier Behnoud Shojaee. L'avocat de ce dernier a indiqué que ce sont les parents de la victime qui avaient retiré le tabouret sous les pieds du condamné après qu'on lui eut passé la corde autour du cou. Cette exécution constitue une violation grave du droit international, qui interdit l'exécution de personnes âgées de moins de dix-huit ans au moment des faits qui leur sont reprochés, a déclaré Amnesty International. Behnoud Shojaee avait tout juste dix-sept ans le jour où l'homicide s'est produit. Il est intervenu pour mettre fin à une bagarre dans un parc de Téhéran entre un de ses amis et un autre garçon nommé Ehsan. Ce dernier s'est alors retourné contre lui et l'a menacé d'un couteau. Tandis qu'ils se battaient, Behnoud Shojaee a ramassé un bout de verre sur le sol et l'a planté une fois dans la poitrine d'Ehsan, avant de prendre la fuite. Behnoud Shojaee a maintenu tout au long de son procès qu'il n'avait frappé Ehsan qu'une seule fois, alors que le rapport d'enquête indiquait que la victime était morte des suites de plusieurs blessures. Ses déclarations n'ont jamais fait l'objet d'investigations et sa peine a été confirmée le 30 juin 2007 par la Cour suprême. Behnoud Shojaee n'a pas bénéficié de l'assistance d'un avocat durant son procès, si bien qu'il a dû lui-même formuler une demande écrite en vue du réexamen de son cas et d'un nouveau procès. La communauté internationale a marqué le 10 octobre la Journée mondiale contre la peine de mort. Amnesty International a demandé aux autorités iraniennes de suspendre immédiatement toutes les exécutions prévues – en particulier celle de Safar Angooti, un autre mineur délinquant qui risque d'être mis à mort dans les jours à venir – et de commuer toutes les peines capitales.