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Au Honduras, les manifestants sont roués de coups et arrêtés

Selon des informations persistantes reçues par Amnesty International, de nombreux manifestants ont été roués de coups par les policiers et plusieurs centaines ont été arrêtés à Tegucigalpa, capitale du Honduras. La police a en effet dispersé une importante manifestation organisée devant l'ambassade du Brésil mardi 22 septembre. Selon certaines informations, des atteintes aux droits humains analogues ont eu lieu dans tout le pays. On a constaté une forte augmentation des brutalités policières, des arrestations massives de manifestants et des mesures d'intimidation ciblant les défenseurs des droits humains depuis que le président Manuel Zelaya Rosales est rentré au Honduras lundi 21 septembre. Il avait été expulsé du pays à la suite d'un coup d'État au mois de juin. Amnesty International a appelé l'attention sur le fait que les droits fondamentaux et l'état de droit dans ce pays d'Amérique centrale sont en grave péril. « La situation au Honduras est tout simplement alarmante, a déclaré Susan Lee, directrice du programme Amériques d'Amnesty International. Les agressions de défenseurs des droits humains, la suspension des médias, les violences infligées aux manifestants par les policiers et les informations toujours plus nombreuses faisant état d'arrestations massives indiquent que les droits humains et l'état de droit sont gravement menacés. » Selon des informations reçues par Amnesty International, le 22 septembre au matin, une quinzaine de policiers ont tiré des bombes lacrymogènes contre le bâtiment du Comité des familles de détenus et disparus du Honduras (COFADEH), organisation de défense des droits humains de premier plan. Une centaine de personnes, dont des femmes et des enfants, se trouvaient à l'intérieur. Beaucoup étaient venues dénoncer les brutalités subies lorsque la police a dispersé une manifestation organisée devant l'ambassade du Brésil, où le président hondurien Manuel Zelaya, chassé du pouvoir, a trouvé refuge. D'après des informations parvenues à Amnesty International, dans la nuit de mardi, des dizaines de manifestants ont été emmenés dans des sites de détention non autorisés de la capitale. La plupart ont été relâchés. Toutefois, les arrestations arbitraires massives font courir le risque aux personnes concernées de subir des atteintes aux droits humains telles que des mauvais traitements, des actes de torture ou des disparitions forcées. Amnesty International rend compte des restrictions imposées à la liberté d'expression depuis le coup d'État – des organes de presse sont interdits, du matériel est confisqué et des journalistes et des cameramen qui couvrent les événements sont brutalisés. Le 23 septembre, Radio Globo et TV channel 36 n'ont pas pu diffuser leurs émissions, en raison de coupures de courant ou d'interruptions répétées de leurs transmissions. « Pour sortir de cette crise, les autorités de facto doivent mettre fin à leur politique de répression et de violence et se mettre à respecter les droits à la liberté d'expression et d'association, a expliqué Susan Lee. Nous exhortons également la communauté internationale à rechercher de toute urgence une solution, avant que le Honduras ne sombre dans une crise des droits humains encore plus grave. »