Amnesty International

S’adresser à plusieurs personnes : comment organiser des ateliers qui facilitent les discussions

Il peut être très gratifiant et motivant de mener une campagne en groupe. Concevoir et organiser des ateliers permet d’attirer l’attention sur votre campagne. Voici quelques idées sur la préparation et le contenu de votre atelier, avec des conseils de conception et d’animation, des astuces spécifiques et des exemples pour diriger un atelier sur le consentement et organiser vos idées. Il existe beaucoup de méthodes et d’exercices différents pour la formation au consentement et l’organisation d’ateliers. Ceux que nous vous présentons ici sont tirés de l’expérience de militant·e·s qui ont participé à l’élaboration de ce kit.

Créez votre atelier

Avant de commencer à concevoir votre atelier, vous devez pouvoir répondre clairement à la question suivante : quel est le but ou l’intention de cet atelier, et quels sont les résultats escomptés ? Une fois que vous connaissez la réponse, vous pouvez utiliser le cadre IDOART pour concevoir votre atelier.

Veillez à ce que votre local et le temps prévu soient adaptés au nombre de participant·e·s, que votre animateur/animatrice ait une idée claire de l’objectif de l’atelier et qu’elle/il puisse guider le groupe vers cet objectif en adaptant le contenu si nécessaire. Voici quelques ressources sur l’animation d’ateliers.

Comment parler de viol et de consentement dans les ateliers ?

  • Le contenu de la formation ne doit exclure aucun·e participant·e, ce qui implique de prendre en compte la diversité des personnes et leurs différents codes (port d’un turban ou d’un voile, par exemple).
  • Utilisez un vocabulaire inclusif, non binaire : il doit parler à chaque membre du public, mais vous devez également garder à l’esprit que le viol est un problème genré.
  • Encouragez autant que possible des formes de participation artistiques : réalisation de dessins, de gravures, d’images imprimées, de tableaux, de photos, de bandes dessinées, d’illustrations, etc.
  • Créez un espace sécurisant. L’honnêteté est primordiale dans les discussions sur des sujets sensibles comme le consentement, et elle doit aller de pair avec le respect des opinions d’autrui. Chacun·e a le droit de faire des erreurs en parlant de viol et de consentement, à condition d’apprendre à les reconnaître et de modifier sa façon de penser.
  • Faites en sorte de créer un espace où les participant·e·s à votre atelier se sentiront en confiance ; établissez des règles dès le départ, notamment en matière de confidentialité (ce qui se dit dans la salle de formation ne doit pas en sortir) et rappelez que chaque personne peut quitter la salle en cas de besoin. L’idéal serait d’avoir accès à une pièce où les participant·e·s pourraient faire une pause et se détendre. Si possible, une personne devrait être en charge de cet espace.
  • Avant l’atelier, faites une liste des ressources sur les aides psychologiques, médicales et juridiques gratuites disponibles autour de vous et distribuez-la à chaque participant·e. Nous ne pouvons pas savoir si les personnes qui participent à votre atelier et qui ont subi une agression sexuelle sont psychologiquement prêtes à être présentes, mais nous pouvons limiter les risques et présenter les aides disponibles à tout le monde, en cas de besoin. Préparez-vous à la possibilité que certaines personnes révèlent pour la première fois avoir été victimes de violence sexuelle au cours de votre atelier. Vous trouverez des indications dans le prochain billet de la série.
  • Il existe plusieurs façons de briser la glace, afin que le groupe soit plus à l’aise avant d’aborder un sujet « gênant » comme le consentement sexuel : présentations de groupe, partages d’histoires drôles, passionnantes ou gênantes récentes, n’importe quel jeu amusant…
  • Faites attention aux histoires personnelles. Ne racontez pas l’histoire personnelle de quelqu’un d’autre, surtout en son absence, et ne partagez pas les informations que l’on vous a données. Les participant·e·s peuvent utiliser leurs propres histoires ou des scénarios fictifs, mais seulement si elles/ils se sentent à l’aise avec cela. Évitez d’utiliser le « je » et les noms des autres participant·e·s lorsque vous discuterez des scénarios.
  • Pour de nombreuses personnes ayant subi une agression sexuelle, il est très difficile de parler de leur expérience personnelle et de surmonter le jugement moral négatif qui reste attaché au viol, les humiliations publiques et les menaces. Leur courage ne doit pas être sous-estimé.
  • Envisagez différents moyens de sensibiliser le public aux questions de diversité et d’inclusion, et de mettre en avant les expériences personnelles (par exemple, en parlant des personnes réfugiées, sans-abri ou transgenres, et de leur situation et vécu potentiellement différents).

Atelier de réflexion créative

Si vous voulez trouver des idées en groupe sur la représentation du consentement, vous pouvez organiser un atelier de réflexion créative. Vous trouverez des indications au chapitre 5.

Nous verrons dans le prochain billet comment répondre aux personnes qui ont subi une agression sexuelle et les soutenir.