Hong Kong (Chine)

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Hong Kong (Chine) 2025

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Le 26 novembre, un incendie dans le complexe résidentiel Wang Fuk Court (district de Tai Po) a fait 168 morts, ce qui en faisait le troisième incendie le plus meurtrier jamais enregistré à Hong Kong. Les autorités ont rapidement réprimé les appels à rendre des comptes. Elles ont procédé à l’arrestation d’au moins quatre personnes et ont entravé la publication d’informations sur l’événement et sur la réponse du gouvernement, notamment par des actes d’intimidation1.

Droits des personnes LGBTI

Les partenariats et les mariages entre personnes de même sexe n’étaient toujours pas reconnus juridiquement. À la suite d’une décision rendue par la plus haute instance judiciaire de Hong Kong en 2023, qui exigeait du gouvernement qu’il mette en place un cadre de reconnaissance juridique des unions entre personnes du même sexe avant octobre 2025, celui-ci a présenté un projet de loi relatif à l’enregistrement des partenariats entre personnes du même sexe, qui accordait des droits restreints aux partenaires ayant enregistré leur union à l’étranger. L’Assemblée législative a rejeté ce texte en septembre2.

Liberté d’expression

Les autorités ont encore élargi le champ d’application de la Loi sur la sécurité nationale et des lois connexes, et ont continué à les utiliser pour ériger en infraction l’exercice du droit à la liberté d’expression. Sur l’ensemble des affaires traitées au titre de la législation relative à la sécurité nationale entre juillet 2020 et juin 2025, 85 % concernaient le droit légitime à la liberté d’expression qui n’auraient pas dû être considérés comme des infractions. La remise en liberté sous caution a été refusée dans 89 % des cas, et la durée moyenne de la détention provisoire s’élevait à 11 mois3.

En avril, le père et le frère de la militante en exil Anna Kwok ont été arrêtés par la police de la sécurité nationale. Son père a par la suite été inculpé au titre de l’Ordonnance sur la sauvegarde de la sécurité nationale de 2024 pour avoir géré « directement ou indirectement » les finances d’une personne fuyant la justice. Beaucoup ont perçu cette affaire comme une mesure de représailles aux propos critiques et au militantisme d’Anna Kwok à l’étranger.

En mai, le gouvernement de Hong Kong a adopté des dispositions législatives complémentaires à l’Ordonnance sur la sauvegarde de la sécurité nationale, qui créaient six nouvelles infractions et déclaraient « lieux interdits » six emplacements où se trouvaient des bureaux de la sécurité nationale chinoise, interdisant ainsi à quiconque de s’en approcher ou de les traverser. Toujours en mai, le Bureau de l’éducation a mis à jour sa politique pour intégrer le sujet de la sécurité nationale dans les programmes du primaire et du secondaire, imposant un contrôle strict des outils et des activités pédagogiques, ce qui a entraîné d’importantes restrictions de la liberté d’expression en milieu scolaire.

En juin, le militant incarcéré Joshua Wong a fait l’objet d’une nouvelle inculpation pour « complot en vue d’une collusion avec des forces étrangères » au titre de la Loi sur la sécurité nationale. Il lui était reproché d’avoir appelé les gouvernements étrangers à imposer des sanctions à Hong Kong ou à la Chine4. En juillet et en août, deux jeunes de 18 et 19 ans ont été inculpés de sédition pour avoir, respectivement, écrit des slogans « séditieux » sur le mur des toilettes d’un centre commercial et filmé des vidéos promotionnelles pour une organisation basée à l’étranger appelée le Parlement de Hong Kong, qualifiée de « subversive » par les autorités.

Jimmy Lai, âgé de 78 ans et fondateur du journal prodémocratie Apple Daily, a été condamné le 15 décembre à l’issue d’un procès historique dans une affaire liée à la sécurité nationale. Bien qu’il ait plaidé non coupable, la Haute Cour l’a déclaré coupable de complot en vue d’une collusion avec des forces étrangères et de la commission d’actes séditieux. Jimmy Lai avait déjà passé plus de cinq ans derrière les barreaux avant cette condamnation, la plupart du temps à l’isolement. Au cours de son procès, qui a duré 156 jours, il a soutenu que les prises de position de l’Apple Daily, réputé pour son franc-parler, étaient une forme d’expression protégée. Les juges ont rejeté sa ligne de défense et l’ont décrit comme un « cerveau » à l’origine de complots visant à déstabiliser le gouvernement chinois. La peine maximale qu’il encourait était la réclusion à la perpétuité ; le verdict était attendu début 2026.

Des décisions de justice en lien avec d’autres lois ont également eu des répercussions sur la liberté d’expression. En mars, la Haute Cour a confirmé la légalité de l’article 27A de l’Ordonnance sur les comportements corrompus et illégaux dans le cadre des élections, concluant que la criminalisation de l’incitation publique à s’abstenir de voter ou à voter blanc lors des élections était constitutionnelle, au motif qu’elle préservait « l’intégrité du vote ».

Liberté de réunion pacifique

Les autorités ont continué de faire obstacle aux rassemblements publics pacifiques. Le 4 juin, la police a déployé un nombre important de patrouilles et mené des opérations de fouille autour du parc Victoria, lieu traditionnel de commémoration de la répression de Tiananmen en 1989. Elle a arrêté deux personnes et en a emmené 10 autres à des postes de police. Il s’agissait de personnes qui tentaient de commémorer l’événement, certaines avec des fleurs ou des bougies.

En juillet, les organisateurs et organisatrices du festival annuel des fiertés Pink Dot Hong Kong ont annulé l’événement faute d’avoir obtenu l’autorisation du gouvernement de l’organiser sur le lieu habituel.

Liberté d’association

Les deux derniers grands partis prodémocratie encore présents à Hong Kong, le Parti démocratique et la Ligue des sociaux-démocrates, se sont officiellement dissous, en avril et juin respectivement, sous la pression politique. Le Conseil législatif a adopté au mois de juin l’Ordonnance portant modification de la Loi sur les syndicats. Ce texte interdisait à toute personne condamnée pour des infractions relatives à la sécurité nationale de faire partie d’un syndicat, donnait aux autorités le pouvoir de refuser l’enregistrement de syndicats pour des raisons de sécurité nationale et imposait aux syndicats de demander une autorisation pour recevoir des financements étrangers.

En juillet, la police a décerné des mandats d’arrêt contre 15 militant·e·s se trouvant à l’étranger en raison de leur implication dans l’organisation le Parlement de Hong Kong, et a promis des récompenses pour toute information permettant leur arrestation. Le même mois, quatre personnes, dont un garçon de 15 ans, ont été arrêtées en vertu de la Loi sur la sécurité nationale pour « complot à des fins de subversion de l’État » en raison de leurs liens supposés avec l’Union pour l’indépendance démocratique de Hong Kong, basée à Taiwan. Le 2 décembre, les autorités ont officiellement interdit toute activité à ces deux organisations sur le territoire hongkongais, les qualifiant de menaces à la sécurité nationale en vertu de l’Ordonnance sur la sauvegarde de la sécurité nationale.

Conditions de détention inhumaines

Le gouvernement a modifié le règlement pénitentiaire en juillet, accordant au Corps des gardiens de prison de larges pouvoirs de restriction des visites aux détenu·e·s et des rendez-vous avec leurs avocat·e·s, pour de vagues motifs relatifs à la « sécurité nationale ».

Des entretiens avec neuf personnes ayant vécu une incarcération ont révélé l’éventail des violations des droits humains qu’elles avaient subies pendant leur détention dans 11 établissements pénitentiaires, notamment des violences physiques, des placements prolongés à l’isolement, des conditions sanitaires déplorables et l’exposition à des températures dangereusement élevées en été5.

En octobre, Chow Hang-tung a été placée en détention à l’isolement pendant 18 jours après avoir fait un discours en ligne sur sa nomination au prix Nobel de la paix 2025.

Droits des travailleuses et travailleurs

Le Tribunal suprême a rejeté en juin une demande d’examen par une autorité judiciaire déposée par une employée de maison immigrée qui estimait que l’absence de loi spécifique sur le travail forcé à Hong Kong avait conduit la police à ne pas enquêter correctement sur sa plainte pour travail forcé. Le Tribunal a jugé que la promulgation d’une loi érigeant spécifiquement en infraction le travail forcé n’était pas nécessaire pour assurer une protection concrète et efficace des droits des employé·e·s domestiques étrangers.


  1. « Hong Kong. Le gouvernement doit enquêter et permettre la libre expression au lendemain d’un incendie meurtrier », 1er décembre ↩︎
  2. « Hong Kong. Le rejet de la proposition de loi sur les unions entre personnes de même sexe révèle le mépris des droits des personnes LGBTI », 10 septembre ↩︎
  3. “The State Can Lock Up People, But Not Their Thinking”: How Hong Kong’s National Security Law Undermined Human Rights in Five Years, 30 juin ↩︎
  4. « Hong Kong. La nouvelle inculpation portée contre Joshua Wong est destinée à prolonger son séjour derrière les barreaux », 6 juin ↩︎
  5. « Hong Kong. Les prisons sont gangrénées par les violences et les traitements inhumains, révèlent des témoignages de détenu·e·s », 17 décembre ↩︎