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ÉRYTHRÉE 2021

Des centaines de personnes se trouvaient toujours en détention arbitraire ou avaient été soumises à des disparitions forcées. Les personnes appelées au service national obligatoire étaient enrôlées pour une durée indéterminée. L’Érythrée n’a mis en place aucun programme de vaccination contre le COVID-19.

Contexte

Les Forces de défense érythréennes (FDE) étaient engagées depuis novembre 2020 auprès des forces gouvernementales éthiopiennes dans les combats contre le Front populaire de libération du Tigré, dans la région du Tigré, en Éthiopie. Dans le cadre de ce conflit, des membres des FDE, ainsi que des forces de sécurité et milices éthiopiennes, ont commis de graves violations des droits humains, dont des violences sexuelles contre les femmes et des exécutions extrajudiciaires de civil·e·s, qui pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité (voir Éthiopie).

Arrestations arbitraires et disparitions forcées

Les autorités érythréennes ont continué de soumettre des centaines de personnes à la détention arbitraire ou à des disparitions forcées. Des journalistes, d’anciens responsables politiques et des pratiquantes et pratiquants de religions non autorisées restaient détenus sans inculpation et sans pouvoir entrer en contact avec un avocat ou leur famille. On ignorait toujours ce qu’il était advenu de 11 hommes politiques et 17 journalistes arrêtés 20 ans plus tôt et placés en détention pour avoir critiqué le régime du président.

Parmi les victimes de disparition forcée figuraient Dawit Isaak, journaliste suédois, Berhane Abrehe, ancien ministre des Finances qui avait publié un livre critiquant le président en 2018, et Ciham Ali, titulaire de la double nationalité érythréenne et américaine, arrêtée en décembre 2012 à la frontière avec le Soudan alors qu’elle essayait de fuir l’Érythrée. Elle était alors âgée de 15 ans. Peu de temps avant qu’elle ne soit emmenée par les autorités, son père, alors ministre de l’Information au sein du gouvernement érythréen, s’était exilé.

Travail forcé

Le gouvernement continuait d’enrôler les lycéennes et lycéens dans le programme de service national obligatoire. Les appelé·e·s devaient accomplir ce service pendant une durée indéterminée dépassant la limite légale de 18 mois. Des milliers de personnes demeuraient enrôlées sans limitation de durée, parfois depuis 10 ans ou plus.

Droit à la santé

Le gouvernement n’a pas pris de mesures adéquates face à la pandémie de COVID-19 et aucun programme de vaccination n’était en place à la fin de l’année.