Une route longe une rivière et un panneau "Do not enter" est planté sur le côté

Canada. Les charges retenues contre les défenseur·e·s des terres wet’suwet’ens et leurs sympathisant·e·s doivent être abandonnées

À l’approche de la nouvelle série de procès visant les membres de la nation Wet’suwet’en engagés dans la défense de leurs terres ainsi que leurs sympathisant·e·s, Amnesty International demande au gouvernement de la Colombie-Britannique d’abandonner immédiatement toutes les charges retenues contre eux.

« Les populations autochtones qui œuvrent pacifiquement pour la défense de leurs terres ne devraient pas être poursuivies en justice uniquement pour avoir exercé leurs droits. Nous appelons la procureure générale de la Colombie-Britannique à abandonner immédiatement les charges retenues contre lesdéfenseur·e·s des terres wet’suwet’ens et leurs sympathisant·e·s », a déclaré Ana Piquer, directrice pour les Amériques à Amnesty International.

« La poursuite des travaux de construction du gazoduc de Coastal GasLink sans le consentement préalable, libre et éclairé de la nation Wet’suwet’en constitue une violation de son droit de décision concernant tout projet de développement économique envisagé sur ses terres traditionnelles, tel qu’énoncé dans plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits humains, notamment la Déclaration sur les droits des peuples autochtones. »

Les populations autochtones qui œuvrent pacifiquement pour la défense de leurs terres ne devraient pas être poursuivies en justice uniquement pour avoir exercé leurs droits.

Ana Piquer, directrice pour les Amériques à Amnesty International

Le 11 décembre 2023, Amnesty International prévoit la publication d’un rapport sur les actes d’intimidation, de surveillance et de criminalisation dont sont victimes les défenseur·e·s des terres wet’suwet’ens dans le cadre de la protection de leur territoire ancestral contre la construction du gazoduc de Coastal GasLink.

Complément d’information

La nation Wet’suwet’en n’a pas consenti à la construction du gazoduc de Coastal GasLink. Les défenseur·e·s des terres wet’suwet’ens et leurs sympathisant·e·s œuvrent pour la protection du territoire ancestral et des cours d’eau de la nation autochtone face aux travaux de construction du gazoduc. En novembre 2021, dans le cadre de l’exécution d’une injonction obtenue par Coastal GasLink, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a procédé à l’arrestation de dizaines de défenseur·e·s de la terre. Ces personnes ont été poursuivies pour outrage criminel en raison d’une prétendue violation des termes de leur injonction. Plusieurs d’entre elles doivent être jugées le 30 octobre 2023.

Au cours des années 2022 et 2023, Amnesty International a envoyé des lettres et organisé des réunions pour faire part de ses préoccupations à Coastal GasLink concernant les faits énoncés. Les réponses reçues restaient très générales et n’abordaient pas les allégations spécifiques.