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Croatie. Il ne faut pas extrader une opposante et membre de Pussy Riot vers le Turkménistan

En réaction à l’arrestation, mardi 31 mai en Croatie, d’Aïssoltan Niyazov, militante et membre du groupe Pussy Riot, qui risque d’être extradée vers le Turkménistan, Julia Hall, directrice adjointe pour l’Europe à Amnesty International, a déclaré :  

« Les autorités croates savent que le militantisme d’Aïssoltan Niyazov l’exposerait à un risque élevé de violations graves, notamment des actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements, si elle était extradée vers le Turkménistan. Le Turkménistan n’est pas un pays où cette jeune femme, ou les défenseur·e·s des droits humains dans leur ensemble, sont en sécurité.

« Il est établi que certains régimes autoritaires et pays dont le bilan en matière de droits humains est mauvais utilisent les mandats d’arrêt d’Interpol de manière abusive afin de réduire au silence les militant·e·s et les autres personnes dénonçant les violations des droits humains. La Croatie ne doit pas se rendre complice de telles pratiques.

« Aux termes du droit international, la Croatie doit s’abstenir de renvoyer ou d’extrader la moindre personne vers un pays où celle-ci risque d’être victime de graves violations des droits humains. Les autorités de Zagreb doivent refuser la demande du Turkménistan en faveur de l’extradition d’Aïssoltan Niyazov, et immédiatement remettre cette femme en liberté. »

Complément d’information

Aïssoltan Niyazov est de nationalité turkmène et russe. Elle se trouvait en Croatie dans le cadre de la tournée anti-guerre Riot Days, dont les recettes seront versées à un hôpital à Kiev.

Des policiers croates ont arrêté Aïssoltan Niyazov sur la base d’une notice rouge émise par Interpol à la demande du Turkménistan en 2002. Selon cette notice, la militante est recherchée pour détournement présumé de fonds appartenant à la Banque centrale du pays. Aïssoltan Niyazov conteste ces allégations. 

Amnesty International a recensé de nombreux cas dans lesquels les autorités turkmènes ont porté plainte sur la base d’éléments fabriqués de toutes pièces ou peu fiables. Des défenseur·e·s des droits humains et des opposant·e·s politiques sont régulièrement soumis à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements au Turkménistan.