Hong Kong. La répression visant la manifestation étudiante à l’Université chinoise de Hong Kong est une attaque contre les droits humains

En réaction à l’arrestation le 7 décembre 2020 de huit personnes qui ont participé à une manifestation à l’Université chinoise de Hong Kong le mois dernier, dont trois étudiant·e·s inculpés au titre de la loi sur la sécurité nationale, Lam Cho Ming, responsable de programme à Amnesty International Hong Kong, a déclaré : 

« Scander des slogans politiques, chanter des chansons et brandir des drapeaux, ces actes ne devraient jamais être considérés comme des infractions. Ces arrestations étaient à ce point prévisibles qu’elles révèlent la détérioration des droits humains à Hong Kong depuis l’adoption de la loi sur la sécurité nationale.

« Les personnes qui ont participé à cette petite manifestation n’ont fait qu’exprimer leurs opinions de manière pacifique, ce qui est désormais traité comme un crime, les autorités hongkongaises et chinoises s’efforçant d’écraser toute forme de dissidence.

« Ces arrestations sont un nouvel exemple de la volonté du gouvernement de Hong Kong de réduire au silence les opinions divergentes sur les campus. Une vague de répression de la liberté d’expression a déferlé dans les établissements scolaires de Hong Kong : les élèves et le personnel enseignant des établissements primaires, secondaires et universitaires deviennent la cible de poursuites à caractère politiques sous couvert de " sécurité nationale ".

« Les personnes arrêtées pour avoir manifesté à l’Université chinoise de Hong Kong sont prises pour cibles uniquement parce qu’elles ont exercé leurs droits à la liberté d’expression et de réunion et doivent être libérées immédiatement et sans condition, et toutes les charges retenues contre elles abandonnées. »

Complément d’information

Des dizaines d’étudiant·e·s ont scandé des slogans contestataires lors d’une action de « journée de remise  des diplômes » non officielle à l’Université chinoise de Hong Kong, jeudi 17 novembre.

Lundi 7 décembre, huit personnes ayant participé à cette manifestation ont été interpellées et inculpées de rassemblement illégal. Trois d’entre elles ont également été inculpées d’« incitation à la sécession » au titre de la loi sur la sécurité nationale.

Certains slogans entendus lors de la manifestation, tels que « Libérez Hong Kong. Révolution de notre temps » et la chanson Gloire à Hong Kong, sont interdits depuis que la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin a été adoptée le 30 juin 2020.

Depuis la promulgation de ce texte, les universités restreignent  de plus en plus la liberté d’expression et de réunion pacifique sur les campus, notamment l’expression pacifique d’opinions politiques. Au cours des quatre derniers mois, au moins trois professeurs d’université soutenant le mouvement pro-démocratie ont été relevés de leurs fonctions.