Arménie/Azerbaïdjan. Le recours à des tirs d’artillerie et des missiles balistiques dans des zones habitées doit cesser immédiatement

L’Arménie et l’Azerbaïdjan doivent mettre fin immédiatement à l’usage d’armes explosives à large rayon d’impact dans des zones civiles densément peuplées, a déclaré Amnesty International mardi 20 octobre.

Des experts de l’équipe de réaction à la crise d’Amnesty International ont examiné des éléments qui laissent fortement penser que des missiles balistiques et des tirs de roquettes réputés pour leur manque de précision ont été utilisés au cours des derniers jours, faisant des morts et des blessés parmi la population civile et causant d’importants dégâts, en violation flagrante du droit international humanitaire.

Des civils continuent d’être tués et blessés et de se retrouver sans abri tandis que des frappes inconsidérées détruisent des vies et réduisent des habitations en poussière.
Denis Krivocheïev, directeur par intérim du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International

L’organisation a recueilli des informations faisant état de victimes civiles et de bâtiments civils gravement endommagés principalement dans la ville de Gandja, en Azerbaïdjan, qui a été la cible de tirs d’artillerie du camp arménien à plusieurs reprises ces derniers jours, ainsi que dans la région du Haut-Karabakh, contrôlée par l’Arménie.

« Les preuves de l’utilisation de missiles balistiques et d’autres armes explosives à large rayon d’impact dans des zones civiles témoignent d’un mépris choquant pour la vie et les lois de la guerre, a déclaré Denis Krivocheïev, directeur par intérim du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Des civils continuent d’être tués et blessés et de se retrouver sans abri tandis que des frappes inconsidérées détruisent des vies et réduisent des habitations en poussière.

« Les photos et vidéos existantes révèlent les terribles dégâts que ces armes peuvent provoquer, quand des hôpitaux et des écoles ont été détruits et d’autres infrastructures civiles essentielles telles que des routes et des réseaux de communication endommagés.

« Nous appelons une nouvelle fois l’ensemble des parties au conflit à donner la priorité à la protection des civils et à respecter le droit international humanitaire. Le recours à ces types d’armes et de systèmes d’armement dans des zones habitées doit cesser immédiatement. »

Amnesty International a déjà mis en garde contre le recours aux bombes à sous-munitions interdites, après que ses experts ont conclu que l’Azerbaïdjan en avait probablement utilisé dans la région. L’Azerbaïdjan a également dénoncé l’utilisation d’armes à sous-munitions par le camp arménien, mais Amnesty International n’a pas encore pu vérifier ces allégations. L’organisation engage l’Azerbaïdjan et l’Arménie à adhérer à la Convention sur les armes à sous-munitions, traité mondial interdisant ce type d’armes.

Complément d’information

Le 27 septembre, des affrontements violents ont éclaté, opposant l’Azerbaïdjan à l’Arménie et aux forces soutenues par l’Arménie dans la région séparatiste du Haut-Karabakh, en Azerbaïdjan. Au cours des dernières semaines, des milliers de civils ont été déplacés tandis que les deux camps ont continué d’échanger des tirs d’artillerie et de roquette, malgré les tentatives pour négocier l’arrêt des hostilités.