Iran. Un homme exécuté pour avoir consommé de l’alcool

Après que les autorités judiciaires iraniennes ont confirmé qu’un homme déclaré coupable à plusieurs reprises de consommation d’alcool avait été exécuté dans la ville de Meched le 8 juillet, Diana Eltahawy, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International, a déclaré :

« Les autorités iraniennes dévoilent une fois de plus la cruauté et l’inhumanité manifestes de leur système judiciaire en exécutant un homme pour le simple motif qu’il a consommé de l’alcool. Il s’agit de la dernière personne en date à avoir été exécutée à la prison de Valkalibad, où il est procédé à de nombreuses exécutions collectives dans le plus grand secret et où s’illustre dans toute sa monstruosité le mépris de l’Iran à l’égard de la vie humaine.

Les autorités iraniennes dévoilent une fois de plus la cruauté et l’inhumanité manifestes de leur système judiciaire en exécutant un homme pour le simple motif qu’il a consommé de l’alcool. Il s’agit de la dernière personne en date à avoir été exécutée à la prison de Valkalibad, où il est procédé à de nombreuses exécutions collectives dans le plus grand secret et où s’illustre dans toute sa monstruosité le mépris de l’Iran à l’égard de la vie humaine.
Diana Eltahawy, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International

« Nous déplorons que les autorités iraniennes aient fréquemment recours à la peine de mort, ce qui leur vaut une honteuse deuxième place dans le classement des pays qui exécutent le plus de personnes. Rien ne saurait justifier la peine de mort, qui est le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, et nous exhortons les autorités iraniennes à l’abolir. »

En vertu du Code pénal islamique en vigueur en Iran, la consommation de boissons alcoolisées est passible de 80 coups de fouet et, si une personne est déclarée coupable et condamnée à trois reprises, le châtiment qu’elle encourt ensuite est la peine de mort.

Nous déplorons que les autorités iraniennes aient fréquemment recours à la peine de mort, ce qui leur vaut une honteuse deuxième place dans le classement des pays qui exécutent le plus de personnes.
Diana Eltahawy

Selon les informations publiées par des médias indépendants et diffusées sur les réseaux sociaux, la personne exécutée à Meched, dans la province du Khorassan, serait un homme de 55 ans du nom de Mortaza Jamali. Au moment de la rédaction du présent document, Amnesty International n’avait pas pu obtenir de plus amples renseignements au sujet de son procès et de la détermination de sa peine.

Face au tollé que cette exécution a soulevé dans l’opinion publique, le ministère de la Justice de la province a émis une déclaration officielle le 10 juillet 2020, dans laquelle il mentionnait les antécédents judiciaires de cet homme sans lien avec la peine capitale prononcée à son encontre pour tenter, semble-t-il, de « justifier » son exécution.

Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, sans exception, quelles que soient la nature et les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence ou toute autre situation du condamné, ou la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. Amnesty International a recensé au moins 251 exécutions en Iran en 2019, dans son rapport annuel sur la peine de mort.