Israël/TPO. L’ONU dresse la liste des entreprises liées aux colonies israéliennes, ravivant l’espoir en matière de responsabilisation

La publication de la base de données de l’ONU qui répertorie plus de 100 entreprises engagées dans des activités commerciales dans les colonies israéliennes illégales est  un grand pas vers l’obligation de rendre des comptes dans les territoires palestiniens occupés, a déclaré Amnesty International le 13 février 2020.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) a publié le 12 février un rapport sur les entreprises engagées dans des activités particulières liées aux colonies israéliennes en Cisjordanie. C’est le Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui l’avait chargé de cette mission en 2016. Ce rapport répertorie plusieurs entreprises du numérique spécialisées dans le tourisme, dont Airbnb, TripAdvisor, Expedia et Booking.com, qui d’après les recherches d’Amnesty International favorisent le tourisme dans les colonies et contribuent à leur existence et à leur expansion.

Ces entreprises tirent profit des violations systématiques infligées aux Palestiniens et y contribuent.
Saleh Higazi, directeur adjoint du programme Moyen-Orient à Amnesty International

« Installer des civils dans des territoires occupés viole le droit international humanitaire et s’apparente à un crime de guerre. En nommant les entreprises qui font des profits dans le contexte de cette situation illégale, la communauté internationale adresse un message clair : les colonies ne doivent pas être normalisées. Ces entreprises tirent profit des violations systématiques infligées aux Palestiniens et y contribuent, a déclaré Saleh Higazi, directeur adjoint du programme Moyen-Orient à Amnesty International.

« Nous leur demandons d’assumer leurs responsabilités au niveau international et de cesser leurs activités dans les colonies. »

Amnesty International demande que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme et le Conseil des droits de l’homme travaillent en collaboration avec d’autres parties prenantes afin de veiller à ce que cette liste soit régulièrement mise à jour et financée de manière prévisible, avec des compte-rendus à échéances précises, afin de permettre une surveillance suivie des entreprises liées à des violations des droits humains dans les territoires palestiniens occupés.

Lorsqu’une puissance occupante construit des colonies dans un territoire occupé et permet à ses civils de s’y installer, elle commet des crimes de guerre au regard du droit international. Les colonies dans les territoires palestiniens occupés sont construites sur des terres illégalement acquises et sont la cause de toute une série de violations flagrantes et systématiques des droits fondamentaux des Palestiniens.

Ces entreprises font la promotion d’attractions touristiques liées à des crimes de guerre. Nous saluons cette mesure prise par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, qui devrait accroître la pression sur les entreprises de tourisme afin qu’elles cessent de répertorier des activités sur des terres volées.
Saleh Higazi

En 2019, les recherches d’Amnesty International ont révélé qu’Airbnb, TripAdvisor, Expedia et Booking.com contribuent à l’expansion des colonies. Elle leur demande de supprimer les annonces relatives aux colonies illégales implantées dans les territoires palestiniens occupés.

« Ces entreprises font la promotion d’attractions touristiques liées à des crimes de guerre. Nous saluons cette mesure prise par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, qui devrait accroître la pression sur les entreprises de tourisme afin qu’elles cessent de répertorier des activités sur des terres volées, a déclaré Saleh Higazi.

« La publication de cette liste rappelle à point nommé que les colonies sont illégales et ne doivent pas être normalisées. Les entreprises qui y figurent n’ont pas d’excuse : poursuivre leurs activités dans les colonies israéliennes, c’est enfreindre sciemment leurs obligations internationales. »

Les Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme exigent des entreprises qu’elles « évitent d’avoir des incidences négatives sur les droits de l’homme ou d’y contribuer par leurs propres activités, et qu’elles remédient à ces incidences lorsqu’elles se produisent ».