Bangladesh. Un autre militant laïc vient d’être assassiné : les autorités doivent prendre des mesures

L'homicide dont vient d'être victime un autre militant laïc au Bangladesh rappelle avec force que les autorités ne protègent pas les personnes exerçant leur droit à la liberté d'expression, a déclaré Amnesty International.

Tard dans la soirée du 6 avril, à Dacca, quatre hommes masqués ont attaqué à la machette Nazimuddin Samad, 28 ans, avant de l'abattre d'un coup de feu. Personne n'a revendiqué cet assassinat, mais il coïncide au mode opératoire d’autres attaques visant des militants laïcs imputables à des groupes islamistes radicaux au cours de l'année 2015.

« Rien ne saurait justifier le meurtre de Nazimuddin Samad, qui a payé de sa vie le simple fait d'être assez courageux pour exprimer son opinion. Il ne s'agit pas simplement d'un meurtre absurde, c'est une attaque contre le droit à la liberté d'expression », a déclaré Champa Patel, directrice pour l'Asie du Sud à Amnesty International.

Il ne s'agit pas simplement d'un meurtre absurde, c'est une attaque contre le droit à la liberté d'expression.
Champa Patel, directrice pour l'Asie du Sud à Amnesty International.

 

Nazimuddin Samad, étudiant militant, avait organisé des campagnes en faveur de la laïcité sur les réseaux sociaux. Il a été inscrit sur une « liste noire » de 84 blogueurs publiée par un groupe d'islamistes radicaux en 2013.

En 2015, au moins cinq personnes – quatre blogueurs et un éditeur – ont été tuées en raison de leurs opinions et de leurs écrits en faveur de la laïcité. Personne n'a encore eu à rendre des comptes pour ces homicides et les autorités bangladaises n'ont pas condamné avec force ces agissements. Au contraire, elles ont enjoint aux militants laïcs de ne plus « offenser » les sentiments religieux par leurs écrits. Des dizaines d'autres blogueurs sont contraints à la clandestinité ou à l'exil, craignant pour leur vie.

« Les autorités bangladaises doivent condamner catégoriquement ces homicides et prendre des mesures fermes pour mettre un terme à ce cycle de violences. Les responsables des assassinats de militants laïcs doivent absolument rendre des comptes ; dans le cas contraire, cela reviendrait à dire que le gouvernement tolère et permet ces attaques, a déclaré Champa Patel.

« Les autorités doivent aussi garantir que les militants et blogueurs menacés soient  protégés, efficacement et conformément à leurs souhaits. »