Comment se servir des technologies de communication pour engager les jeunes à promouvoir l’EDH en Malaisie

Par Emilie White London,

Yohendra Nadarajan, membre du Conseil supervisant l’éducation aux droits humains et membre du Comité de coordination EDH pour la région Asie Pacifique, parle de l’EDH en Malaisie

EMILIE : Bonjour Yohendra, ici les nouvelles du Réseau pour l’éducation aux droits humains. Nous allons vous poser quelques questions sur l’éducation aux droits humains à Amnesty International Malaisie.

YOHENDRA : Bonjour tout le monde, je m’appelle Yohendra Nadarajan. J’ai été le Coordinateur EDH de 2007 à 2009 à Amnesty International Malaisie puis j’ai été membre du Conseil d’AI Malaisie supervisant l’EDH, donc l’EDH est un sujet qui m’est très cher. Je suis impliqué dans l’EDH depuis 2007 ; organisant des ateliers, séminaires pour l’EDH en Malaisie.

EMILIE : Qu’est ce qui est intéressant et spécial à propos de l’EDH en Malaise cette année ?

YOHENDRA : Et bien nous avons beaucoup travaillé avec les jeunes. Les jeunes ont été notre principale cible. Nous ciblons de nombreux ateliers et nous investissons dans la jeunesse parce que nous voyons la jeunesse comme le futur. Ce sont eux qui apporteront plus de membres, avec leurs amis, dans le domaine des droits humains. Cela pourrait prendre plusieurs formes, mais c’est ainsi que nous voulons investir dans la jeunesse en Malaisie.

Les ambassadeurs de la jeunesse posent avec des enfants de l'école des refugiés. ©Amnesty International

EMILIE : J’ai beaucoup entendu dire que la jeunesse en Malaisie et très bien connectée et en ligne. Je me demandais, comment utilisez-vous les technologies de la communication pour l’éducation aux droits humains ?

YOHENDRA : Amnesty Malaisie utilise les nouvelles technologies et quand je parle de nouvelles technologies cela signifie utiliser Facebook, Twitter, les blogs et tout ce qui est en ligne. C’est notre force à AI Malaisie : comment utiliser les caméras vidéo, les caméras numériques, comment utiliser l’internet pour publier ces choses et avoir un véritable impact. Nous travaillions avec le Réseau Jeunesse Asie Pacifique (APYN) qui est un réseau régional de jeunes coordonné par le bureau de Hong Kong. Ils ont régulièrement des ateliers Skype. Ce sont des outils que nous pouvons utiliser pour atteindre les jeunes, pas nécessairement au sens physique de la salle de classe, mais vous pouvez le faire en ligne virtuellement, lancer des pétitions globales et ce genre de choses.

Nous utilisons Facebook depuis un certain temps et c’est très positif. Nous encourageons nos militants à organiser des représentations théâtrales et à publier tout abus des droits humains sur Facebook parce que c’est là que l’on peut avoir une couverture maximum. Les gens ont tendance à publier quelque chose et font le buzz ; cela veut dire que le contenu est transmis à une autre personne puis une autre et ainsi de suite, puis très vite, des milliers, des centaines de milliers de personnes regardent la même vidéo. Cela permet de sensibiliser à des sujets spécifiques. C’est donc une chose dont nous sommes fiers. La Malaisie est un pays du Sud et la pénétration internet est assez élevée. Si je ne me trompe pas, le gouvernement affirme que le taux de pénétration de l’internet est de 80% en Malaisie. Les jeunes accèdent à l’internet et en sont les pionniers, contrairement aux générations précédentes. De nos jours, les enfants de sept-huit ans ont leur propre téléphone mobile et certains utilisent même des Smartphones. Le gouvernement de Malaisie encourage les gens à utiliser les nouvelles technologies. Les étudiants bénéficient de ristournes pour l’accès internet, et les Smartphones sont subventionnés. Ce sont des choses que les jeunes peuvent utiliser et qui peuvent devenir des outils majeurs pour diffuser les actions et informations relatives aux droits humains.

EMILIE : La Malaisie faisait partie du Programme Action et Education aux Droits humains. Comment vos activités d’EDH ont-elles évolué depuis 2009 ?

YOHENDRA : Nous avons reçu des fonds du Programme Action et Education aux Droits Humains d’AI Norvège pendant trois ans, de 2007 à 2009. En 2010, nous n’avons pas obtenu de financement pour l’EDH, et donc malheureusement nous avons du supprimer le poste de Coordinateur EDH. Mais nos coordinateurs membres et campagnes ont intensifié leurs efforts, cela fait partie de certaines de leurs tâches ; ainsi que les volontaires et les formateurs que nous avions formé plus tôt dans le cadre du Programme Action et Education aux Droits Humains, ils sont revenus et ont contribué à la croissance de l’EDH en Malaisie.

Même sans budget, nous intégrons certains aspects au sein de certaines campagnes ou projets. Par exemple, en conjonction avec le 50ème anniversaire d’Amnesty International en 2011, nous avions un projet Jeune Ambassadeur et nous avons accueilli 50 jeunes et organisé un programme d’EDH incluant trois ateliers. Nous nous sommes efforcés de le rendre le plus interactif possible pour les jeunes. Après les trois ateliers, ils sont allés sur le terrain et ont eux-mêmes organisé des évènements d’EDH, tels que concerts, pièces qui ont touchés plus de mille jeunes en Malaisie. Je pense que c’est l’effet que nous recherchons, investir dans la jeunesse à travers l’EDH puis avoir plus de mille personnes qui assistent à nos évènements en l’espace de quatre weekend. Nous avons aussi accueilli sept cent membres et cela en dit long. Investir dans 50 personnes et obtenir sept cent membres en retour et plus de mille jeunes assistant à nos évènements avec les jeunes ambassadeurs se déplaçant dans les différents Etats pour mener toutes les activités. C’est comme ça que nous progressons. C’est la raison pour laquelle nous disons que la jeunesse est la voie à suivre.

Camps pour la jeunesse, équipe de réalisation filmique ©Amnesty International

EMILIE : C’est très intéressant. Avez-vous une priorité pour l’EDH en 2013 ? Y-a-t-il une activité importante cette année ?

YOHENDRA : A l’heure actuelle, AI Malaisie est en cours de restructuration, donc nous essayons de continuer à mener notre travail. Dans l’idéal, nous devrions avoir cinq employés, mais en raison de circonstances imprévues, nous n’en avons que deux pour le moment. Les membres du Conseil d’administration et autres membres d’AI Malaisie donnent un coup de main pour soutenir le bureau. Donc nous n’avons pas de gros projets cette année avant d’avoir un nouveau directeur. Mais nous essayons de maintenir tous nos ateliers d’EDH et de faire en sorte de ne pas perdre l’élan que nous avons obtenu jusqu’à présent. Juste pour s’assurer que nous maintenions tout et puissions planifier de plus gros projets et présenter des demandes de financement plus importantes.

J’aimerais partager la couverture médiatique qu’a reçu le projet des 50 jeunes ambassadeurs. Ceci est une coupure de journal. Nous sommes apparus dans différents journaux, aux actualités, à la radio, donc nous avons réussi à générer de la publicité à travers notre travail d’EDH avec les 50 Jeunes Ambassadeurs. Donc nous essayons de maintenir cela à l’heure actuelle et faire en sorte que les 50 Jeunes Ambassadeurs dans lesquels nous avons investis notre expertise continuent à toucher d’autres jeunes.

EMILIE : Merci beaucoup. C’était un plaisir d’en apprendre plus sur ce qui se passe en ce moment en Malaisie.

Interview menée par Emilie White, Coordinatrice Réseau et Communications EDH au sein de l’équipe EDH du SI, le 22 janvier 2013, en ligne, pour les Nouvelles du Réseau International EDH.

Les jeunes en Malaisie s'éduquent sur les nouvelles technologies, les medias sociaux et la vidéo pour les droits humains. ©Amnesty International

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 Image en-tête: Les jeunes en Malaisie s'éduquent sur les nouvelles technologies, les medias sociaux et la vidéo pour les droits humains. ©Amnesty International