• Campagnes

Mexique. Deux indigènes tués au Mexique. Teresa Ramírez Sánchez et Serafín Ubaldo Zurita

, N° d'index: AMR 41/079/2010

Le 16 octobre, cinq membres d'une organisation indigène sont tombés dans une embuscade tendue par des hommes armés dans l'État d'Oaxaca (sud du Mexique). Deux d'entre eux ont été tués et deux autres blessés. Les trois survivants pourraient subir d'autres attaques.

Action complémentaire sur l'AU 110/10, AMR 41/079/2010 Mexique 20 octobre 2010
ACTION URGENTE
DEUX INDIGÈNES TUÉS AU MEXIQUE
Le 16 octobre, cinq membres d'une organisation indigène sont tombés dans une embuscade
tendue par des hommes armés dans l'État d'Oaxaca (sud du Mexique). Deux d'entre eux ont été
tués et deux autres blessés. Les trois survivants pourraient subir d'autres attaques.
Dans l'après-midi du 16 octobre, des hommes armés ayant vraisemblablement des liens avec les autorités locales
ont tendu une embuscade à cinq membres du Mouvement indépendant d'unification et de lutte des Triquis (MULTI)
et ont ouvert le feu sur eux. Deux d'entre eux, Teresa Ramírez Sánchez et Serafín Ubaldo Zurita, ont été tués. Deux
hommes et une femme, dont Amnesty International préserve l'anonymat pour les protéger, ont survécu à cette
attaque. Les deux hommes ont été blessés et l'un d'eux est toujours hospitalisé. Les trois survivants pourraient subir
d'autres attaques et ne bénéficient d'aucune mesure de protection.
L'embuscade a eu lieu près du village de Tres Cruces, sur la route entre les villes de Santiago Juxtlahuaca et de
Yosoyuxi, dans la région triqui de l'État d'Oaxaca.
Le MULTI a soutenu les 700 habitants indigènes triquis de San Juan Copala et d'autres villages triquis voisins qui
ont créé la municipalité autonome de San Juan Copala le 1
er
janvier 2007. En septembre 2010, des membres
armés de deux organisations indigènes, l'Union pour le bien-être social de la région triqui (UBISORT) et le
Mouvement d'unification et de lutte des Triquis (MULT), ont pris les rênes de la municipalité de San Juan Copala et
occupé la ville. Tous les habitants identifiés comme membres du MULTI ont quitté les lieux et se sont réinstallés
dans des localités voisines telles que Yosoyuxi.
Le MULT, l'UBISORT et le MULTI sont en conflit au sujet du contrôle de la région de San Juan Copala depuis de
nombreuses années. Des groupes armés appartenant à l'UBISORT et au MULT, qui auraient des liens avec les
autorités locales, sévissent dans les environs en toute impunité. Jusqu'à présent, les autorités n'ont pris aucune
mesure, ni pour désarmer ces groupes, ni pour protéger la population, ni pour amener les responsables présumés
des attaques à rendre des comptes.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :
exhortez les autorités à protéger efficacement ces trois personnes, dans le strict respect de leurs souhaits ;
appelez-les à mener dans les meilleurs délais une enquête approfondie et impartiale sur cette agression et sur les
autres attaques, notamment les meurtres, qui ont eu lieu dans la région triqui, à en publier les résultats et à traduire
en justice les responsables présumés de ces actes ;
demandez-leur instamment d'enquêter sur les liens présumés entre les groupes armés présents dans la région
triqui et les autorités locales.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 1
er
DÉCEMBRE 2010 À :
Ministre de l'Intérieur :
Lic. José Francisco Blake Mora
Secretaría de Gobernación
Bucareli 99, 1er. piso, Col. Juárez
Delegación Cuauhtémoc
México D.F., C.P.06600, Mexique
Fax : (+52) 55 5093 3414
Courriel : secretario@segob.gob.mx
Formule d'appel : Estimado
Señor Secretario, / Monsieur le
Ministre,
Procureure générale de l'État d'Oaxaca :
Lic. María de la Luz Candelaria Chiñas
Procuradora General de Justicia del
Estado de Oaxaca, Centro
Administrativo del Poder Ejecutivo y
Judicial, Edificio Jesús “Chu” Rasgado
A, ala 2, 2do nivel, Reyes Mantecón,
San Bartolo Coyotepec, C.P. 71257
Oaxaca, Mexique
Fax : + 52 951 501 6900 ext. 20635
Courriel : lpedroarenag@hotmail.com
Formule d'appel : Estimada
Procuradora, / Madame la Procureure
générale,
Copies à :
Organisation locale de défense des
droits humains :
Centro Regional de Derechos Humanos
“Bartolomé Carrasco”
Courriel : barcadh09@gmail.com
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Mexique dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut
encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la troisième mise à jour de l'AU 110/10 (AMR 41/039/2010). Pour plus
d'informations : http://www.amnesty.org/fr/library/info/AMR41/039/2010/fr.
20 octobre 2010
ACTION URGENTE
DEUX INDIGÈNES TUÉS AU MEXIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
De novembre 2009 à septembre 2010, la communauté indigène de San Juan Copala a été assiégée. Des groupes armés
l'encerclaient et tiraient quotidiennement des coups de feu dans la rue afin d'intimider les habitants. La plupart de ces derniers
avaient soutenu le MULTI quand il avait tenté de diriger le gouvernement local de manière indépendante.
Selon la Procureure générale de l'État d'Oaxaca, aucun des responsables présumés des homicides et des autres actes de violence
commis à l'encontre de sympathisants du MULTI au cours des trois dernières années, dont des agressions sexuelles contre des
femmes et des jeunes filles, n'a été conduit devant la justice. Le 27 avril 2010, des hommes armés ont tendu une embuscade à
un convoi humanitaire près de San Juan Copala et tué deux défenseurs des droits humains : Alberta Cariño Trujillo (également
connue sous le nom de Bety) et Jyri Antero Jaakkola. Le 7 septembre, deux femmes indigènes de San Juan Copala ont été
agressées et blessées, également par des hommes armés. Personne n'a été traduit en justice à la suite de ces crimes. Le
7 octobre, la Commission interaméricaine des droits de l'homme a appelé les autorités mexicaines à protéger les communautés
indigènes.
La région peuplée principalement d'indigènes triquis est l'une des plus pauvres du pays et l'une de celles qui rencontrent le plus
de difficultés. Depuis plus de 30 ans, des groupes armés qui auraient des liens avec les autorités locales et celles de l'État
d'Oaxaca harcèlent et tuent des Triquis en raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à l'une des organisations indigènes
locales. La situation s'est dégradée depuis novembre 2009. Les autorités étatiques et fédérales ont rarement pris des mesures
afin d'obliger les responsables présumés à rendre des comptes et le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), le parti politique au
pouvoir dans cet État, a été accusé d'exacerber le conflit dans la région en créant des groupes politiques armés et violents.
La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones dispose : « Les peuples autochtones ont le droit, à titre
collectif, de vivre dans la liberté, la paix et la sécurité en tant que peuples distincts et ne font l'objet d'aucun […] acte de
violence. »
Action complémentaire sur l'AU 110/10, AMR 41/079/2010, 20 octobre 2010

Dans quelle langue voulez-vous lire le rapport ?