Violence par arme à feu – Informations clefs
© PM Images
  • Nouvelles

Violence par arme à feu – Informations clefs

La violence par arme à feu est aujourd’hui une question de droits humains mondiale. La violence par arme à feu menace notre droit le plus fondamental : le droit à la vie.

La violence par arme à feu est un drame au quotidien qui affecte la vie de nombreuses personnes dans le monde entier. Plus de 500 personnes meurent chaque jour en raison de violences commises à l’aide d’armes à feu.

Tout le monde peut être touché par la violence par arme à feu, mais dans certaines situations, la violence par arme à feu touche de manière disproportionnée les populations de couleur, les femmes et d’autres groupes marginalisés de la société.

Parfois, la simple présence d’armes à feu peut donner aux gens le sentiment d’être menacés et les faire craindre pour leur vie, ce qui a de graves conséquences psychologiques à long terme sur ces personnes et des groupes entiers.

La peur de la violence par arme à feu peut également avoir des conséquences néfastes sur le droit à l’éducation ou à la santé, si cela engendre une crainte d’aller à l’école ou de se rendre dans les établissements de santé, ou si ces services ne fonctionnent pas correctement en raison de la violence par arme à feu.

  • Amnesty International fait campagne en faveur de lois efficaces pour la prévention de la violence par arme à feu et de mesures destinées à mettre fin à cette violence.
  • Une réglementation stricte en matière d’armes à feu et des initiatives stratégiques de réduction de la violence sont les moyens les plus efficaces de réduire la violence par arme à feu.

L’accès facile aux armes à feu, de manière légale ou illégale, est l’un des principaux facteurs de ce type de violence.

Les États ont l’obligation d’offrir une protection maximale des droits humains et de créer un environnement le plus sûr possible pour autant de personnes que possible, et particulièrement pour les personnes les plus menacées. Le contrôle insuffisant par un État de la détention et de l’utilisation des armes à feu dans un contexte de violence par arme à feu récurrente peut constituer un manquement à ses obligations au titre du droit international relatif aux droits humains.

C’est pourquoi Amnesty International appelle les États à respecter leurs obligations et à adopter et mettre en œuvre des lois et réglementations strictes en matière de prévention de la violence par arme à feu. Les États ont également le devoir de mettre en place des mesures auxquelles ils peuvent avoir recours à l’échelle locale pour réduire et prévenir la violence par arme à feu dans la vie quotidienne de la population.

Amnesty International fait campagne pour que les gouvernements mettent en place des réformes relevant du bon sens en vue d’empêcher la violence par arme à feu et de protéger le droit à la vie de la population. Nos droits humains ne sont pas protégés si nos dirigeant·e·s ne font rien pour lutter contre la violence et les morts par arme à feu et les empêcher.

Qu’est-ce que la violence par arme à feu ?

La violence par arme à feu correspond à la violence commise à l’aide d’armes à feu, par exemple des pistolets, des fusils, des fusils d’assaut ou des mitraillettes.

Chiffres sur la violence par arme à feu

Quel est le nombre d’homicides par arme à feu à travers le monde ?

La majorité des victimes et des auteurs de ces violences sont des jeunes hommes, mais les femmes risquent plus spécifiquement d’être tuées avec une arme à feu dans le cadre conjugal. Les violences sexuelles peuvent être commises sous la contrainte d’une telle arme.

Combien de personnes sont blessées par arme à feu dans le monde ?

  • Environ 2 000 personnes sont blessées par balle chaque jour.
  • Au moins deux millions de personnes à travers le globe vivent avec des blessures causées par des armes à feu.

Des millions de personnes souffrent des graves conséquences psychologiques à long terme que ce type de violence – ou la menace de tels actes – entraîne chez les individus, les familles et l’ensemble de leur entourage.

Aux États-Unis, près de 134 000 personnes ont été tuées ou blessées par des armes à feu en 2017.

Les blessures par arme à feu bouleversent la vie des victimes et ont des conséquences irrémédiables sur leur santé mentale et physique à long terme. Certaines ont besoin de soins permanents toute leur vie, d’autres se trouvent dans l’incapacité de travailler, particulièrement si leur travail requiert un effort physique. Pourtant, presque aucun programme ne propose de soins, de rééducation et de formation professionnelle adaptés à long terme. Les conséquences de la violence par arme à feu pour les victimes, leurs proches et les services médicaux ont entraîné une crise de santé publique chronique, à laquelle le gouvernement ne réagit presque pas. L’accès aux services de santé abordables et de qualité aux États-Unis doit inclure des interventions médicales à long terme nécessaires, notamment en ce qui concerne la gestion de la douleur, la rééducation et d’autres services de soutien et de soins de santé mentale.

Combien d’armes à feu sont fabriquées chaque année dans le monde ?

Quelque 8 millions d’armes de poing et jusqu’à 15 milliards de munitions sont fabriquées tous les ans.

Le commerce des armes de poing rapporterait environ 8,5 milliards de dollars chaque année.

Pourquoi la violence par arme à feu est-elle une question de droits humains ?

La violence par arme à feu peut être à l’origine d’une violation du droit humain le plus fondamental : le droit à la vie. Les États ont l’obligation de lutter contre les atteintes à la vie réelles ou prévisibles et doivent donc prendre des mesures pour protéger les citoyen·ne·s de la violence par arme à feu.

Le contrôle insuffisant par un État de la détention et de l’utilisation des armes à feu peut constituer un manquement à ses obligations au titre du droit international relatif aux droits humains de protéger les droits à la vie et à la sécurité.

La violence par arme à feu par des acteurs privés a une forte dimension socio-économique. Elle est généralement concentrée dans les quartiers urbains à faibles revenus où le taux de criminalité est élevé. Elle s’accompagne souvent de trafic de stupéfiants, de méthodes policières inadaptées ou contraires aux normes internationales en matière de droits humains et d’application des lois et d’un accès insuffisant aux services publics.

Dans ces circonstances, l’accès facile aux armes à feu et leur prolifération peuvent avoir un impact sur l’ensemble des droits humains de tous les habitants.

La violence par arme à feu et le droit à la santé

La violence par arme à feu peut entraver le droit à la santé. Les personnes vivant dans un environnement où le taux de violence par arme à feu est élevé peuvent avoir des difficultés à accéder aux établissements de santé, ou peuvent avoir peur de s’y rendre. La division de certains quartiers par des bandes criminelles armées peut entraver l’accès à ces établissements, et les couvre-feux officiels ou de facto liés à des interventions policières peuvent entraîner la fermeture de services de santé.

Dans certains cas, les responsables des services de santé peuvent décider de ne pas les implanter dans des zones de forte violence par arme à feu en raison des risques liés à l’insécurité et des difficultés de maintien du personnel. Les services de soutien psychologique essentiels pour les victimes de violence familiale et les centres d’accueil et autres foyers sûrs pour les personnes fuyant des relations violentes sont souvent insuffisants dans les quartiers défavorisés rongés par la violence par arme à feu.

La violence par arme à feu entraîne un vaste éventail de problèmes de santé dans les zones affectées. L’absence de sécurité au quotidien peut avoir de profondes conséquences psychologiques, particulièrement pour les personnes qui ont été témoins de fusillades et pour les membres des familles des victimes. Les personnes ayant survécu à des actes de violence par arme à feu peuvent être gravement affaiblies physiquement et psychologiquement et souffrir de troubles chroniques nécessitant une prise en charge sociale et médicale sur le long terme.

La violence par arme à feu et le droit à l’éducation

La violence par arme à feu peut empêcher le bon fonctionnement des établissements scolaires et rendre le trajet pour y aller et en revenir dangereux pour les élèves. Le manque de ressources allouées par l’État à l’éducation et la difficulté de recruter et de retenir le personnel enseignant dans les quartiers minés par la violence par arme à feu ont des conséquences néfastes et entravent le droit à l’éducation.

La violence par arme à feu endémique et l’insécurité qui en découle peuvent avoir de graves conséquences pour les enfants et les adolescent·e·s, et peuvent notamment entraver la présence à l’école et la persévérance scolaire, dégrader l’environnement d’apprentissage et détériorer la qualité de l’enseignement. Cela peut alors limiter les chances de réussite en termes d’emploi et de revenus et donc perpétuer des cycles de précarité, de criminalité et de violence.

La violence par arme à feu dans le monde

La violence par arme à feu est particulièrement courante dans les Amériques en raison d’un accès facile à ces armes et d’une réglementation insuffisante ou d’une mauvaise application des lois destinées à lutter contre ces actes. En Amérique latine et dans les Caraïbes, la corruption, le crime organisé et un système judiciaire dysfonctionnel alimentent davantage le problème.

Pourcentage d’homicides commis avec une arme à feu :

72 % au Brésil

91,1 % au Salvador

58,9 % au Honduras

Un membre d’Amigos dos Amigos (ADA) tient un pistolet-mitrailleur Uzi dans la favela de Rocinha, à Rio de Janeiro, au Brésil (février 2009). ©Christian Franz Tragni/Demotix

La violence par arme à feu aux États-Unis

Parmi les pays riches et développés, les États-Unis sont une exception en matière de violence par arme à feu. Les différents gouvernements américains ont permis à la violence par arme à feu de devenir une crise des droits humains. Le libre accès aux armes à feu et les réglementations trop souples font plus de 39 000 morts – hommes, femmes et enfants – chaque année dans ce pays.

Aux États-Unis, en moyenne, plus de 360 personnes essuient des tirs chaque jour et survivent – au moins assez longtemps pour arriver jusqu’à l’hôpital.

En 2017, quelque 39 773 personnes sont mortes des suites de blessures par arme à feu, soit en moyenne près de 109 personnes chaque jour. Cela représente un nombre de morts par arme à feu par habitant nettement plus élevé que dans les autres pays industrialisés. Les homicides par arme à feu aux États-Unis touchent de manière disproportionnée les populations de couleur et particulièrement les jeunes hommes noirs.

Il n’existe pas de mesures telles qu’un registre national des armes à feu dans le pays.

Tous les États américains autorisent le port d’une arme à feu dans un lieu public à condition que celle-ci soit dissimulée, et la plupart des États autorisent le port d’une arme à feu non dissimulé en public. Cependant, les lois régissant le port d’arme en public ne sont pas uniformes à l’échelle nationale, et dans certains États il n’existe aucune loi en la matière : 12 États autorisent le port d’une arme à feu dissimulée en public sans permis et 30 autorisent le port d’une arme de poing non dissimulé en public sans permis.

Le port d’une arme à feu non dissimulée en public est actuellement autorisé, d’une manière ou d’une autre, dans 45 États. Seuls sept États exigent une justification crédible ou la démonstration de la nécessité de porter une arme à feu dissimulée. Le port d’une arme à feu dissimulée en public est autorisé, sous une forme ou une autre, dans les 50 États et à Washington D.C.

Le gouvernement américain privilégie la détention d’armes à feu au détriment des droits fondamentaux. Malgré la quantité impressionnante d’armes en circulation et le grand nombre de personnes tuées par arme à feu chaque année, on ne peut que constater l’absence d’une réglementation fédérale qui pourrait sauver des milliers de vies.
Margaret Huang, directrice d’Amnesty International États-Unis.

Quels sont les liens entre la discrimination et la violence par arme à feu États-Unis ?

Aux États-Unis, les homicides par arme à feu touchent de manière disproportionnée les populations afro-américaines, particulièrement les jeunes hommes noirs. En 2017, quelque 14 542 personnes ont été victimes d’homicides par arme à feu aux États-Unis. Parmi ces personnes, 58,5 % étaient des Afro-américains, alors qu’ils ne représentaient que 13 % de la population des États-Unis.

En 2017, les homicides par arme à feu étaient la première cause de mortalité chez les jeunes hommes et les garçons noirs de 15 à 34 ans. Ceux-ci avaient 10 fois plus de chances d’être victimes d’un homicide par arme à feu que les hommes et les garçons blancs du même âge. L’inaction face à la discrimination systémique, l’incapacité à faire en sorte que les armes à feu ne tombent pas entre les mains de personnes qui risqueraient de les utiliser à mauvais escient et l’absence d’investissement dans des programmes de prévention de la violence par arme à feu contribuent collectivement à cette crise.

Les femmes victimes de violences conjugales et les enfants sont également touchés de manière disproportionnée.

  • En 2017, le nombre d’enfants morts des conséquences de violences par arme à feu aux États-Unis a atteint 1 814, contre 1 637 en 2016.
  • Entre 2 et 7 % de toutes les blessures traitées dans des centres de traumatologie pédiatriques sont liées à la violence par arme à feu.

La plupart des enfants qui sont victimes d’homicides par arme à feu aux États-Unis sont issus de minorités. Les homicides sont la deuxième cause de mortalité chez les enfants noirs et 65 % de ces homicides sont commis par arme à feu.

Victoria Marjory Stoneman, une élève du lycée Marjory Stoneman Douglas à Parkland, en Floride (États-Unis), avec sa mère, lors d’une veillée le 15 février 2018 en mémoire des victimes de la fusillade qui avait eu lieu dans le lycée la veille. © The Washington Post/Getty Images

Les chiffres des fusillades de masse aux États-Unis

Les fusillades de masse sont généralement définies comme des fusillades lors desquelles quatre personnes ou plus sont tuées. Aux États-Unis, entre 2009 et 2016, on enregistre :

  • 156 fusillades de masse
  • qui ont fait 848 morts au total et
  • 339 blessés

Les fusillades de masse publiques représentent moins de 1 % des morts par arme à feu aux États-Unis.

Cependant, les fusillades de masse ont de profondes conséquences psychologiques et émotionnelles pour les personnes qui y survivent, les familles et les populations. Elles ont créé un sentiment d’insécurité dans des lieux publics comme les églises, les établissements scolaires, les salles de concert et les cinémas, ce qui a des conséquences pour les droits à la religion, à l’éducation et aux loisirs.

Les fusillades dans des établissements scolaires aux États-Unis

Entre 2013 et juin 2018, quelque 316 attaques par arme à feu ont eu lieu dans des établissements scolaires aux États-Unis.

Les facteurs poussant les enfants et les jeunes à se procurer une arme à feu sont multiples et souvent peu compris. Cependant, dans un contexte de populations urbaines, la violence parmi les jeunes peut être liée à la peur, au besoin de protection, à la méfiance à l’égard de la police en raison de la discrimination bien enracinée et des pratiques policières discriminatoires, ou encore à la recherche du respect et de l’approbation des pairs et à l’implication dans des activités criminelles.

Les solutions pour lutter contre les fusillades de masse aux États-Unis sont les mêmes que celles pour lutter contre les autres formes de violence par arme à feu, et incluent notamment la mise en place d’une réglementation nationale en matière d’octroi de permis et d’enregistrement des armes à feu, ainsi que des vérifications poussées des antécédents des acheteurs.

Le militantisme et la violence par arme à feu

Jaclyn Corin est une militante luttant contre la violence par arme à feu. Elle a survécu à la fusillade de masse du lycée Marjory Stoneman Douglas, à Parkland, en Floride (États-Unis), qui a eu lieu le 14 février 2018. © Amnesty International

La fusillade du lycée de Parkland, en Floride, le 14 février 2018, a fait 17 morts. Mais ce drame a uni des élèves du monde entier et les a poussés à se mobiliser en faveur d’une réforme sur les armes à feu. De nombreux jeunes aux États-Unis pensent désormais qu’un contrôle des armes plus strict peut contribuer à leur sécurité, et le mouvement citoyen de ces jeunes en faveur d’une réforme sur les armes à feu prend de l’ampleur. Jaclyn Corin est une survivante de la fusillade de masse et est devenue une militante en faveur d’une réforme sur les armes à feu :

Le seul moyen de m’en remettre était d’agir.
Jaclyn Corin

« Je n’avais jamais imagé que cela m’arriverait. Parkland était considérée comme la ville la plus sûre de Floride, mais quand elle a été frappée par la tragédie et qu’une fusillade de masse a eu lieu au lycée, je savais que le seul moyen de m’en remettre était d’agir.

Mes amis et moi nous sommes réunis, nous n’avions pas de projet précis. Nous avons commencé à travailler sur le sol d’un salon. Le fait d’être jeunes a joué en notre faveur. Nous n’étions pas des adultes qui essayaient de deviner ce qui pouvait marcher pour des jeunes et nous ne demandions la permission de personne. D’autres jeunes de tout le pays ont appris ce que nous faisions et se sont dit qu’ils pouvaient le faire aussi.

Du fait que nous avions survécu à une fusillade dans notre lycée, les gens nous écoutaient. Nous étions en colère et nous faisions du bruit. La réaction à ce qui nous est arrivé nous a aidés à construire notre mouvement plus rapidement que nous ne l’avions imaginé. C’est incroyable de voir l’impact que nous avons, mais nous nous sentons également coupables, car cela est né de quelque chose de tellement atroce.

Nous avons créé March For Our Lives parce que nos amis qui ont perdu la vie auraient voulu que nous agissions. Nous le faisons pour eux.

Les jeunes qui se mobilisent pour faire changer les choses m’inspirent : que ce soit la fille qui se présente au Conseil scolaire ou les autres personnes qui gèrent March For Our Lives. Ce sont ces gens et le présent qui m’inspirent. »

Comment les États peuvent-ils empêcher la violence par arme à feu ?

Une réglementation relative aux armes à feu mise en œuvre efficacement et des projets de prévention de la violence peuvent mettre fin au carnage.

Le premier pas pour les États est de reconnaître que la violence par arme à feu est une menace pour les droits humains, particulièrement pour les droits à la vie, à l’intégrité physique et à la sécurité, et à la santé.

Réglementation en matière d’armes à feu et permis de port d’arme

Les États peuvent mettre en place certains systèmes basiques pour réglementer la détention et l’utilisation d’armes à feu et de munitions, afin d’éviter qu’elles soient utilisées pour bafouer les droits humains. Les Nations unies ont élaboré des normes internationales que les États peuvent intégrer à leurs législations nationales en matière de contrôle des armes à feu.

Ces normes recommandent l’interdiction de toute détention d’arme à feu sans permis, l’enregistrement de toutes les armes à feu par l’État et le traitement de toute détention d’une arme à feu sans permis comme une infraction pénale.

L’octroi d’un permis doit être conditionné au respect de certains critères. Par exemple, le demandeur/la demandeuse doit se soumettre à une vérification complète de ses antécédents, en vue d’identifier tout facteur de risque, comme des antécédents judiciaires (particulièrement en ce qui concerne des comportements violents dans le domicile ou dans son entourage), des antécédents de violence liée au genre, sexuelle ou familiale, des antécédents de consommation problématique d’alcool/de stupéfiants, des troubles émotionnels, des troubles mentaux ou tout autre élément pouvant renforcer les risques d’utilisation des armes à feu pouvant porter préjudice à la personne demandeuse ou à autrui. Les permis de port d’arme doivent être limités dans le temps et une formation sur l’utilisation de l’arme en question doit être obligatoire. Le nombre et le type d’armes qu’une personne peut posséder doivent également être strictement limités et respecter les principes de nécessité et de justification crédible.

L’utilisation par des particuliers d’armes à feu et de munitions qui représentent un niveau de risque inacceptable pour la sécurité publique, notamment celles qui risquent de causer des blessures excessives ou involontaires, comme les fusils d’assaut semi-automatiques, les fusils semi-automatiques et pistolets-mitrailleurs semi-automatiques, doit être interdite.

Afin d’éviter d’alimenter le trafic illégal et la détention illégale d’armes à feu, les États doivent prendre des mesures préventives en vue de veiller à ce que les stocks d’armes à feu et de munitions connexes, notamment les stocks des armes utilisées par l’armée et les membres des forces de l’ordre et ceux des vendeurs, soient conservés en lieu sûr.

Des Néo-Zélandais se réunissent pour l’hommage national le 29 mars 2019, après l’attentat de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Cinquante personnes ont été tuées et des dizaines ont été blessées lorsqu’un homme armé a ouvert le feu dans les mosquées d’Al Noor et de Linwood le 15 mars. Ces attaques sont les pires fusillades de masse de l’histoire de la Nouvelle-Zélande. ©Kai Schwoerer/Getty Images

Comment les États peuvent-ils aider les populations dans les zones où le taux de violence par arme à feu est élevé ?

Lorsque des phénomènes de détention et d’utilisation d’armes à feu entraînent une insécurité chronique, les États ont l’obligation de protéger la vie et la sécurité de toutes et tous par une application des lois respectueuse des droits humains, des interventions locales et un renforcement des réglementations en matière de détention et d’utilisation d’armes à feu.

Ces mesures doivent être centrées sur les personnes les plus susceptibles de se rendre responsables de violences par arme à feu ou d’en être victimes, c’est-à-dire généralement les jeunes hommes grandissant dans des quartiers urbains défavorisés.

Des projets à long terme, suffisamment financés, reposant sur des données factuelles, adaptés à des contextes sociaux, économiques et culturels spécifiques et menés en partenariat avec les populations concernées sont nécessaires pour arriver à une réduction durable de la violence par arme à feu.

Mettre fin à la violence par arme à feu liée au genre

En 2017, quelque 87 000 femmes ont été victimes d’homicides volontaires dans le monde. Parmi ces femmes, 50 000, soit plus de la moitié (58 %) ont été tuées dans le cadre conjugal ou par des membres de leur famille.

Ainsi, chaque jour dans le monde 137 femmes étaient tuées par un membre de leur famille en 2017. Parmi les femmes tuées dans le monde en 2017, plus d’un tiers (30 000) ont été tuées par leur partenaire actuel ou un ancien partenaire.

Les armes à feu sont le principal moyen utilisé pour les homicides et l’intimidation dans le cadre conjugal dans les pays où le taux de détention d’armes à feu est élevé.

Des études aux États-Unis montrent que la présence d’une arme à feu dans le domicile familial augmente le risque que les femmes soient tuées dans le cadre conjugal.

De plus, la présence d’une arme à feu peut avoir pour effet de priver de moyen d’agir les femmes et de les décourager et peut être utilisée comme moyen de contrainte psychologique ou sexuelle.

Les États doivent adopter des lois et des pratiques interdisant la détention d’armes pour les personnes ayant des antécédents de violences envers des membres de leur famille ou un·e partenaire.

La réforme relative aux armes à feu est-elle efficace ?

Oui, la réforme relative aux armes à feu est efficace. Presque tous les États réglementent l’acquisition, la détention et l’utilisation d’armes à feu d’une manière ou d’une autre, la plupart du temps en accordant des permis aux utilisateurs et en enregistrant les armes.

Les restrictions en la matière sont efficaces dans les pays où l’accès aux armes à feu est très contrôlé et où la réglementation liée est bien appliquée. C’est le cas dans la plus grande partie de l’Europe occidentale, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans certaines régions de l’Asie. Ainsi, le taux de violence par arme à feu est extrêmement faible au Japon, en Corée du Sud et à Singapour.

Que fait Amnesty à propos de la violence par arme à feu ?

Amnesty International axe son travail sur la réforme nationale relative aux armes à feu et sur la prévention de la violence par arme à feu, en militant en faveur de réglementations sur l’utilisation et la détention de ces armes, et en soutenant des programmes de réduction de la violence qui reposent sur des données factuelles dans les zones fortement touchées par de tels actes de façon récurrente.

Nous cherchons aussi à faire cesser les exportations d’armes à feu vers des zones de crise, où leur utilisation risque d’entraîner de graves atteintes aux droits humains. Nous avons par exemple enquêté sur les exportations internationales d’armes à la coalition menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis et nous avons révélé que ces armes étaient fournies à des milices commettant des atteintes aux droits humains dans le cadre de la guerre civile au Yémen. La fourniture d’armes par des États parties au Traité sur le commerce des armes dans le cadre du conflit au Yémen constitue une violation de ce texte. En outre, ces transferts bafouent le droit de l’Union européenne et, dans de nombreux cas, le droit des pays fournisseurs.

Avec d’autres organisations, nous avons fait campagne, avec succès, pour un Traité sur le commerce des armes (TCA) mondial, qui est devenu un instrument de droit international en 2014. Chaque État ayant ratifié ce texte doit respecter des règles strictes quant aux transferts internationaux d’armes.

Nous continuons de militer pour une application internationale du TCA, ce qui permettra de limiter le flux d’armes qui favorisent les atteintes aux droits humains dans les conflits, les atrocités et la répression étatique à travers le globe. Le TCA peut sauver des vies et protéger les droits humains. 

Que pouvons-nous faire pour faire cesser/réduire la violence par arme à feu ?

Les gouvernements ont l’obligation juridique de sauvegarder le droit à la vie. Il est donc de leur responsabilité de protéger les citoyen·ne·s de la violence par arme à feu. Nous devons leur rappeler cette obligation en exigeant des réformes en matière d’armes à feu.

Vous pouvez vous mobiliser et rappeler à nos dirigeant·e·s leur obligation de nous protéger. Vous pouvez jouer un rôle crucial dans la campagne et le mouvement de protestation contre la violence par arme à feu. En vous mobilisant, vous pouvez faire savoir clairement aux gouvernements qu’une réglementation insuffisante quant à la détention et l’utilisation d’armes à feu engendre des violences et qu’ils doivent prendre des mesures immédiatement pour y faire face, par des contrôles stricts des armes à feu et des interventions efficaces dans les communautés où le taux de violence par arme à feu est élevé.

Vous avez le pouvoir le dire aux gouvernements que grâce à des lois sur les armes à feu, nous pourrons tous et toutes vivre en sécurité et sans peur, ce qui est notre droit.

Découvrez si voir pays a ratifié le Traité sur le commerce des armes et, si ce n’est pas le cas, appelez-le à le faire immédiatement !

Une militante lors d’une action d’Amnesty Jeunes en faveur du Traité sur le commerce des armes, Genève, Suisse, 24 août 2016. ©Amnesty International Suisse

Aidez-nous à combattre la violence par arme à feu. Rejoignez des millions de personnes qui défendent les droits humains.

DEVENEZ MEMBRE D’AMNESTY DÈS AUJOURD’HUI

ADHÉRER MAINTENANT