La Commission 2048

Une constellation d’initiatives en faveur du changement afin de repenser la gouvernance mondiale et l’avenir des droits humains

En bref

Le monde d’aujourd’hui, comme celui de demain, est plongé dans la tourmente. La situation est due à plusieurs menaces et difficultés qui se croisent et se superposent – crise climatique hors de contrôle, pandémies, profondes inégalités qui se creusent entre et dans les États – auxquelles vient s’ajouter la dernière en date des révolutions industrielles. Portée par l’intelligence artificielle, qui pourrait bien tout remettre en question, jusqu’au sens même du mot « humain », c’est une révolution que nous ne semblons pas vraiment comprendre et encore moins maîtriser. Les superpuissances s’affrontent pour imposer leur hégémonie, au prix d’une inconstance croissante et de conflits de plus en plus vifs.

Cette instabilité de force 10 sur l’échelle de l’histoire humaine engendre des atteintes aux droits humains sans précédent et un climat généralisé d’anxiété. Dans le monde entier, les gens sont divisés, désabusés et de plus en plus exposés à la désinformation. On constate un fossé croissant entre les attentes des populations et ce que les gouvernements peuvent ou veulent bien faire.

En 1948, sur les ruines laissées un peu partout par la Seconde Guerre mondiale, l’humanité a cherché à instaurer une coopération internationale fondée sur des normes et des principes universels afin de sortir de l’abîme. Mais le projet était imparfait. Dès les premiers mois, le sort de 700 000 Palestiniens et Palestiniennes brutalement déplacé·e·s a ainsi été ignoré. Cette entreprise des vainqueurs a cependant donné au monde la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et libéré une force contestatrice échappant largement au contrôle des puissants qui avaient participé à la rédaction de cet instrument, pour être récupérée par leurs opposant·e·s.

Aujourd’hui, nous sommes de nouveau confronté·e·s à des situations désastreuses à l’échelle mondiale, dont l’ampleur, la complexité et les conséquences pourraient bien dépasser celles d’hier.

Comment pouvons-nous collectivement (ré)assumer nos responsabilités et mettre en place une coopération mondiale qui soit à la hauteur des perspectives de progrès et de naufrage auxquelles nous sommes confronté·e·s ?

Notre travail vise à bâtir un mouvement solide et uni qui transforme le système même qui était censé nous protéger en une gouvernance mondiale fondée sur la reddition de comptes et ancrée dans notre humanité. Une gouvernance mondiale assez robuste pour défendre notre avenir commun et notre planète.

À cette fin, la secrétaire générale d’Amnesty International Agnès Callamard a créé la Commission 2048 et établi un partenariat avec une nouvelle génération de dirigeant·e·s de la société civile, en vue d’obtenir pour le monde d’aujourd’hui et de demain ce que les auteurs de la DUDH ont permis d’atteindre pour le monde de 1948.

Membres de la Commission 2048 posant devant un écran à la Conférence « Les femmes donnent la vie ».

Préservons l’avenir des droits humains

Ensemble, nous pouvons lutter pour le respect des droits fondamentaux partout dans le monde, pour les générations à venir.

Quels sont les buts de la Commission 2048 ?

Dirigée par Amnesty International en collaboration avec la société civile et le monde universitaire, la Commission 2048 prend la forme de mini-commissions et d’une Assemblée 2028, chargée de participer à la mise en adéquation de la gouvernance mondiale en matière de droits humains avec le contexte du 21e siècle.

Elle formulera des avis sur les transformations et les innovations nécessaires pour élaborer et faire fonctionner un système redynamisé de gouvernance mondiale, y participer et lui allouer des ressources.

Elle analysera de près les implications de problèmes qui ne pouvaient pas être imaginés en 1948, tels que ceux liés à l’effondrement climatique, aux mutations numériques et biotechnologiques, à l’hyperconcentration des richesses dans le cadre de la mondialisation de l’économie, et à la persistance d’inégalités profondément ancrées dans le passé.

En outre, au travers de plusieurs mini-commissions et groupes de travail indépendants ; la Commission 2048 préconisera des moyens d’étendre la gouvernance mondiale au-delà des États, en donnant les moyens d’agir à la société civile et en identifiant les solutions susceptibles d’accroître la reddition de comptes au niveau local, et en insistant sur les responsabilités et l’obligation de rendre des comptes des acteurs non étatiques.

Les conclusions de chaque commission informeront le programme d’une Assemblée citoyenne mondiale, qui se tiendra en 2028 et déterminera la voie à suivre pour 2048.

Une militante trace sur l’herbe le slogan en anglais « Droits humains pour l’avenir », à Berlin, en 2021.

Comment fonctionnera la Commission 2048 ?

Le mandat de la Commission évoluera au fil de son travail, portant sur des sujets majeurs et connexes :

Groupe de travail 1 : Réformer l’ONU et imaginer de nouvelles institutions mondiales
Groupe de travail 2 : Mécanismes de reddition de comptes pour un nouveau monde
Groupe de travail 3 : Pouvoir, race et genre – faire face aux injustices historiques et contemporaines
Groupe de travail 4 : Amener les acteurs non étatiques pleinement à bord de la reddition de comptes internationale
Groupe de travail 5 : Justice climatique et droits des générations futures
Groupe de travail 6 : Droits humains au cœur des avenirs numériques
Groupe de travail 7 : Stimuler la justice sanitaire et l’intégrité scientifique
Groupe de travail 8 : Bâtir des systèmes économiques qui fonctionnent pour les populations et la planète

Qui compose la Commission 2048 ?

La Commission 2048 est dirigée par trois co-président·e·s venant d’Amnesty International, de l’Association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes (ILGA World) et de la Fédération internationale pour la planification familiale, avec le soutien d’un secrétariat. Les groupes de travail seront dirigés par un·e commissaire expert·e et une communauté de spécialistes.

Si vous avez des questions sur la Commission ou si vous souhaitez savoir comment vous impliquer, vous pouvez égrire à [email protected]  ou contacter Mina Barling, directrice de la Commission 2048, à l’adresse [email protected].

Préservons l’avenir des droits humains

Ensemble, nous pouvons lutter pour le respect des droits fondamentaux partout dans le monde, pour les générations à venir.