• Communiqué De Presse

La France doit prendre en compte l’appel de l’UE qui lui demande de mettre fin à la discrimination envers les Roms

Amnesty International exhorte les autorités françaises à donner effet à la résolution du Parlement européen qui invite la France à suspendre sa politique d’expulsion vis-à-vis des Roms.Les députés européens ont adopté une résolution clé à Strasbourg, en France, jeudi 9 septembre 2010, demandant aux gouvernements européens de promouvoir l’intégration des Roms. La France a expulsé environ 1 000 Roms vers la Bulgarie et la Roumanie depuis le mois d’août et Amnesty International l’a accusée de « stigmatiser » les Roms comme les gens du voyage qui vivent dans le pays.« Le Parlement européen a pris fermement position. Désormais, la France doit faire montre de son engagement en faveur du respect des droits humains et de la non-discrimination à l’égard de certains groupes ethniques, notamment des Roms et des gens du voyage, a expliqué David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.« Le président français Nicolas Sarkozy doit s’attacher à rompre le cycle de discrimination qui a abouti à l’expulsion massive de Roms hors de France. » Au cours d’une réunion en juillet 2010, le président Nicolas Sarkozy aurait qualifié les camps illégaux de Roms de « sources de criminalité ». Depuis lors, plusieurs camps ont été démantelés.Jeudi 9 septembre, le Parlement européen s’est déclaré vivement préoccupé par « la rhétorique provocatrice et ouvertement discriminatoire » qui a marqué le discours politique, ainsi que par les mesures prises par les autorités françaises et les autres États membres à l’encontre des Roms et des gens du voyage.Amnesty International, en tant que membre de la Coalition pour une politique européenne à l'égard des Roms qui regroupe plusieurs organisations de lutte contre la discrimination et de défense des droits humains, avait appelé mercredi 8 septembre l’Union européenne à adopter une résolution sur l’intégration des Roms.« Nous devons maintenant veiller à ce que les mesures proposées se traduisent par une amélioration durable de la vie des Roms à travers toute l'Europe », a conclu David Diaz-Jogeix.