Bahreïn

Amnesty International ne prend pas position sur les questions de souveraineté ou les conflits territoriaux. Les frontières apparaissant sur cette carte sont basées sur les données géospatiales des Nations unies.
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Bahreïn 2025

L’État a cette année encore réprimé les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, notamment en procédant à des détentions arbitraires et des poursuites. Plus de vingt-cinq personnes étaient toujours sous le coup d’une condamnation à mort, car le gouvernement n’avait pas commué leur peine. Malgré son engagement à réduire les émissions de gaz à effet de serre, Bahreïn a augmenté sa production de pétrole et de gaz.

Contexte

Au total, 839 détenu·e·s ont été libérés à la faveur de deux grâces royales, le 27 mars et le 5 juin. Celles-ci ne concernaient cependant pas les personnes incarcérées pour des raisons politiques, qui étaient environ 322 à être détenues arbitrairement. C’était notamment le cas des défenseurs des droits humains de premier plan Abdulhadi al Khawaja et Abduljalil al Singace.

Liberté d’expression et d’association

Au moins 132 personnes, dont 35 mineur·e·s, ont été arrêtées ou interrogées pour des motifs liés à la liberté d’expression, selon le Centre bahreïnite des droits humains.

Le 28 février, la police a convoqué le défenseur des droits humains Ali al Hajee pour une enquête au sujet de ses publications sur les réseaux sociaux qui dénonçaient les violations des droits humains subies par des personnes détenues à Bahreïn pour des raisons politiques. Il a été interrogé en l’absence de son avocat et détenu arbitrairement pendant 11 jours dans l’attente d’une enquête. Inculpé de « diffusion de fausses informations via les réseaux sociaux », Ali al Hajee a été libéré le 10 mars. Il avait déjà purgé une peine de 10 ans d’emprisonnement pour sa participation à des manifestations pacifiques à Bahreïn et avait été libéré en juin 2023.

Les autorités ont continué de restreindre sévèrement la liberté d’association, notamment par le biais des « lois d’isolement civil et politique » de 2018, qui empêchaient explicitement les membres des partis d’opposition de participer pleinement à la vie politique et civile, notamment en leur interdisant de se présenter à des élections ou d’occuper des postes de direction dans des organisations de la société civile.

Liberté de réunion pacifique

Les autorités ont continué de restreindre le droit à la liberté de réunion pacifique en arrêtant et en poursuivant des manifestant·e·s non violents.

Dix organisateurs des grandes manifestations antigouvernementales de 2011, dont des prisonniers d’opinion, étaient toujours en détention arbitraire à la fin de l’année.

Droits des personnes détenues

Les autorités ont refusé de rendre le manuscrit qu’elles avaient confisqué au défenseur des droits humains Abduljalil al Singace, incarcéré depuis 2011 pour avoir exercé ses droits à la liberté d’expression et à la liberté de réunion pacifique. Il a donc continué à refuser toute nourriture solide, une grève de la faim entamée le 8 juillet 2021 et qui a considérablement affaibli sa santé. Tout au long de cette grève, il s’est vu refuser des soins médicaux adéquats, selon l’Institut de Bahreïn pour les droits et la démocratie.

Au moins 26 personnes se trouvaient toujours dans le quartier des condamnés à mort et risquaient d’être exécutées de manière imminente. Parmi elles, 11 avaient été déclarées coupables les années précédentes à l’issue de procès manifestement iniques qui reposaient principalement ou uniquement sur des « aveux » qui auraient été extorqués sous la torture1.

Droits des femmes

Bahreïn a progressé de 12 places dans le Rapport de 2025 du Forum économique mondial sur les inégalités femmes-hommes dans le monde, mais se classait toujours au 104e rang sur 148 pays. La loi unifiée de 2017 sur la famille exposait toujours les femmes à la discrimination. En outre, la loi de 1963 relative à la citoyenneté interdisait aux femmes de transmettre leur nationalité à leurs enfants lorsque le père n’était pas un citoyen bahreïnite.

Droit à un environnement sain

Bahreïn a augmenté sa production de pétrole et de gaz, malgré l’engagement pris en 2024 de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % à l’horizon 2035 et d’atteindre l’objectif de zéro émission nette d’ici à 2060. L’État a notamment signé un nouvel accord de forage pour l’exploration gazière et accru la capacité de la raffinerie de pétrole de Sitra.


  1. Bahrain: Joint letter on human rights situation to member and observer states of the United Nations Human Rights Council, 12 mai ↩︎