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LESOTHO 2021

Personne n’a été traduit en justice pour le meurtre de Lipolelo Thabane ni pour la tentative de meurtre sur Thato Sebolla, survenus en 2017. La Cour d’appel a accordé des dommages et intérêts à un homme qui avait été torturé par la police en 2015. La pandémie de COVID-19 a entraîné une augmentation des violences liées au genre. Elle a eu un effet dévastateur sur le système de santé et s’est traduite par un accroissement des difficultés économiques.

Impunité

L’ancien Premier ministre Thomas Thabane a été inculpé du meurtre de son ex-épouse, Lipolelo Thabane, et de tentative de meurtre sur son amie Thato Sebolla, commis en 2017. La Haute Cour lui a notifié son inculpation le 30 novembre. Thomas Thabane et son épouse actuelle et ancienne première dame, Maesaiah Thabane, étaient les principaux suspects dans cette affaire. En février 2020, Maesaiah Thabane avait été inculpée de meurtre, tentative de meurtre et collusion en vue de commettre un meurtre. La Haute Cour du Lesotho, à Maseru, la capitale, l’avait libérée sous caution. Maesaiah Thabane a été de nouveau arrêtée en juillet 2020 après la révocation de sa mise en liberté sous caution, puis libérée une nouvelle fois contre constitution d’une caution de 10 000 lotis (environ 700 dollars des États-Unis). En février 2020, Thomas Thabane avait demandé l’immunité judiciaire en sa qualité de Premier ministre en exercice, mais le dossier avait été abandonné quand il avait démissionné en mai de la même année. En août 2021, Nqosa Mahao, qui avait été démis de ses fonctions de ministre du Droit et de la Justice en avril, a révélé que les investigations policières menées pendant son mandat avaient permis de recueillir suffisamment d’éléments de preuve pour arrêter Thomas Thabane et l’inculper du meurtre de son ex-épouse. Le ministère public avait toutefois décidé de ne pas engager de poursuites. En septembre, des sources policières ont révélé au journal Lesotho Times que des ingérences politiques et d’autres formes d’entrave à la justice continuaient d’empêcher l’affaire d’avancer.

Liberté de réunion

Le gouvernement s’est servi de la pandémie de COVID-19 comme justification pour interdire les manifestations, privant ainsi la population de son droit de réunion pacifique.

Torture et autres mauvais traitements

En mai, la Cour d’appel a accordé 250 000 lotis (environ 17 500 dollars des États-Unis) de dommages et intérêts à Tšolo Tjela pour les actes de torture qu’il avait subis en garde à vue à Mafeteng en 2015. Elle a précisé dans son arrêt que cette indemnisation couvrait « le choc et la douleur, l’humiliation et les dépenses médicales ». Elle a déclaré que la torture de suspects par la police faisait du pays une zone de « non-droit » et a reproché au commissaire de police de ne pas avoir empêché ces crimes. En novembre 2020, le président de la Haute Cour avait accordé à Tšolo Tjela 400 090 lotis (environ 28 000 dollars) de dommages et intérêt, somme qui a été réduite par la Cour d’appel.

Violences fondées sur le genre

Les violences liées au genre, notamment la violence domestique, ont continué d’augmenter dans le contexte de la pandémie de COVID-19, en particulier dans les zones rurales, où les femmes et les filles ont été plus nombreuses à perdre leur travail, ce qui les a rendues dépendantes des revenus de leur partenaire masculin. Ces femmes n’avaient qu’un accès limité aux recours judiciaires, en particulier par manque d’information. En mars, l’ONUSIDA a indiqué qu’une femme sur trois avait été victime de violences de la part de son compagnon, et que moins de 40 % de ces femmes avaient signalé les actes subis ou demandé de l’aide.

Droits économiques, sociaux et culturels

Selon une étude économique de la Banque mondiale, les mesures de confinement liées au COVID-19 ont entraîné des pertes d’emplois et de revenus dans les zones urbaines comme dans les zones rurales. Le ralentissement de l’économie mondiale a fait baisser les sommes envoyées au pays par les Basothos travaillant à l’étranger, en particulier en Afrique du Sud, où beaucoup étaient employés comme domestiques ou dans les mines. Il en a résulté un accroissement des difficultés économiques.

Droit à la santé

Les effets de la pandémie de COVID-19 ont cette année encore mis à rude épreuve le système de santé déjà déficient. Le pays est sorti en début d’année d’une deuxième vague de contaminations. Au milieu de l’année, il était toujours confronté à une pénurie de vaccins et la campagne de vaccination peinait à monter en puissance. À la fin de l’année, seulement 30,2 % de la population était totalement vaccinée et quelque 30,5 % avaient reçu une première dose ; 31 106 cas de COVID-19 et 683 décès dus au virus avaient été enregistrés depuis le début de la pandémie. Le pays continuait de recevoir des dons de vaccins et d’équipements de protection individuelle de la part de compagnies étrangères, dont la société chinoise Sinopharm, et d’entreprises multinationales.