Europe. Le refus de suspendre Israël du concours Eurovision de la chanson trahit l’humanité et met en évidence le « deux poids deux mesures »

À la veille des demi-finales du concours Eurovision de la chanson 2026, auquel participera Israël, Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International a déclaré :

« Le fait que l’Union européenne de radiodiffusion (UER) n’ait pas suspendu Israël de l’Eurovision, comme elle l’a fait pour la Russie, témoigne d’une certaine lâcheté et illustre une politique du deux poids deux mesures vis-à-vis d’Israël.

On ne peut laisser les chansons et les paillettes occulter ni détourner l’attention des crimes commis par Israël et de la souffrance des Palestinien·ne·s.

Agnès Callamard, Secrétaire générale, Amnesty International

« Au lieu de faire clairement savoir qu’il y a un prix à payer pour les crimes atroces commis par Israël contre le peuple palestinien, l’Union européenne de radiodiffusion offre à Israël cette scène internationale, lors même que le génocide à Gaza, l’occupation illégale et l’apartheid se poursuivent. L’UER trahit les valeurs du concours Eurovision de la chanson, à savoir la lutte contre l’intolérance, les discours de haine et la discrimination. Elle fait fi des protestations de ses membres d’Espagne, d’Irlande, des Pays-Bas, de Slovénie et d’Islande, qui se sont retirés du concours en raison de la participation d’Israël. Finalement, l’UER trahit l’humanité.

« Sa participation au concours Eurovision de la chanson offre à Israël une tribune pour tenter de détourner l’attention et de banaliser le génocide dans la bande de Gaza occupée, ses manœuvres visant à annexer davantage Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, ainsi que son système d’apartheid à l’encontre des Palestinien·ne·s.

La scène de l’Eurovision ne devrait pas accueillir Israël tant qu’un génocide est en cours

Agnès Callamard, Secrétaire générale, Amnesty International

« Les décisions et avis rendus par les tribunaux internationaux, ainsi que les résolutions adoptées par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité des Nations unies au cours des dernières décennies, ont condamné à maintes reprises Israël pour ses violations multiples et flagrantes.

« On ne peut laisser les chansons et les paillettes occulter ni détourner l’attention des crimes commis par Israël et de la souffrance des Palestinien·ne·s. La scène de l’Eurovision ne devrait pas accueillir Israël tant qu’un génocide est en cours.

« L’impunité d’Israël ne peut plus être tolérée, et partout dans le monde, chacun doit agir en accord avec sa conscience et se mobiliser en faveur des droits humains. »

Complément d’information

L’Union européenne de radiodiffusion (UER) est l’instance qui organise le concours Eurovision de la chanson. En décembre 2025, la télévision et la radio publiques en Espagne, aux Pays-Bas, en Irlande, en Slovénie et en Islande ont annoncé qu’elles se retiraient de l’édition 2026 de ce concours, en réaction à la participation d’Israël. La finale du concours aura lieu à Vienne le 16 mai, après les deux demi-finales des 12 et 14 mai.

D’après les recherches menées par Amnesty International, malgré l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025, le génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s à Gaza se poursuit. Les forces israéliennes continuent d’imposer de manière délibérée des conditions de vie destinées à entraîner leur destruction physique et ont mené depuis lors des frappes aériennes qui ont fait plus de 760 morts, sans qu’aucun élément ne laisse présumer que les intentions d’Israël ont changé.