INDE. Twitter et Facebook bloquent des publications critiquant la réaction de l’État face à la pandémie de COVID-19

En réaction aux informations selon lesquelles le gouvernement indien a ordonné à Twitter et Facebook de supprimer des dizaines de publications sur les réseaux sociaux, Rasha Abdul Rahim, directrice d’Amnesty Tech, a déclaré :

« Twitter et Facebook doivent cesser de supprimer les publications critiquant la gestion de la pandémie de COVID-19 par le gouvernement indien. 

« La décision de Twitter et de Facebook porte atteinte à la liberté d'expression des citoyen·ne·s indiens et au droit de recevoir et de diffuser des informations sans ingérence, ce qui est particulièrement important dans le contexte d’une situation d’urgence sanitaire. 

« Le gouvernement invoque l’argument vague et ambigu selon lequel ces contenus sont des "fausses nouvelles" et relèvent d’une volonté de "désinformer", quand en réalité il essaie d’étouffer la moindre critique à son égard. C’est là une tactique fréquemment utilisée par des gouvernements du monde entier dans le contexte de la pandémie, dans le but de se soustraire à un examen scrupuleux et à l’obligation de rendre des comptes. 

« Les entreprises de réseaux sociaux ont un pouvoir immense lorsqu’il s’agit de déterminer sur quels sujets les internautes peuvent s’exprimer ou non. Elles ont donc la responsabilité de garantir l’accès des utilisateurs et utilisatrices à l’information en ligne et de veiller à ce que les contenus ne soient pas indûment limités et censurés selon les humeurs des gouvernements. »

Complément d’information

Dimanche 25 avril, le ministère indien de l’Électronique et des Technologies de l'information a déclaré avoir ordonné à Twitter, Facebook et d’autres de retirer des réseaux sociaux une centaine de publications. Un porte-parole de Twitter a confirmé l’ordre de bloquer des contenus, tandis que Facebook n’a pas encore commenté l’affaire. 

Twitter n’a pas précisé quels contenus ont été supprimés, mais des informations relayées par les médias laissent entendre que les tweets incriminés critiquaient la réaction des gouvernements face à la crise et incluaient les publications de figures politiques et d’autres personnages publics.

Les entreprises ont accepté cette requête, mais ont par le passé déjà remis certains contenus en ligne après les avoir passés en revue.