Venezuela. En pleine crise, l’État durcit la répression contre les manifestations

Au moins quatre personnes ont été tuées, plus de 200 blessées et 205 arrêtées au cours de la répression que mène l’État contre les manifestations au Venezuela depuis le 30 avril, a confirmé Amnesty International.

« Les forces de sécurité sous le commandement de Nicolás Maduro et les groupes civils armés qui le soutiennent continuent de réprimer les manifestations de citoyens qui veulent sortir de la grave crise politique et de la crise des droits humains qui plombent le pays depuis plusieurs années, a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques à Amnesty International.

« Les crimes de droit international dont ils se rendent responsables ajoutent encore du poids au dossier déjà très épais qui devra faire l’objet d’investigations supervisées par des mécanismes de justice internationale. Nicolás Maduro doit mettre immédiatement fin à sa politique de répression. »

Les forces de sécurité sous le commandement de Nicolás Maduro et les groupes civils armés qui le soutiennent continuent de réprimer les manifestations de citoyens qui veulent sortir de la grave crise politique et de la crise des droits humains qui plombent le pays depuis plusieurs années.
Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques à Amnesty International

Amnesty International a recueilli des informations sur les graves violations des droits humains et les crimes relevant du droit international commis au Venezuela depuis l’aggravation de la crise en janvier 2019. Elle a recensé des exécutions extrajudiciaires, l’usage illégal de la force meurtrière, des arrestations arbitraires massives et des mauvais traitements infligés à ceux qui critiquent le gouvernement de Nicolás Maduro.

Complément d’information

Le 30 avril, le président de l’Assemblée nationale Juan Guaidó a annoncé que des membres des forces armées avaient répondu à son appel « dans le cadre de la Constitution, en vue de mettre fin définitivement à l’usurpation de Nicolás Maduro ».

Les crimes de droit international dont ils se rendent responsables ajoutent encore du poids au dossier déjà très épais qui devra faire l’objet d’investigations supervisées par des mécanismes de justice internationale.
Erika Guevara-Rosas, Amnesty International

Lors de cette annonce, il a également appelé la population du Venezuela à descendre dans les rues pour soutenir ce qu’il a nommé « l’opération liberté ». Son appel a été suivi d’une série de manifestations qui se sont heurtées à une dure répression des forces de sécurité sous le commandement de Nicolás Maduro et des groupes civils armés qui le soutiennent, appelés colectivos au Venezuela.

Nicolás Maduro, qui a qualifié l’annonce du 30 avril de « tentative de coup d’État », a lui aussi demandé à la population de manifester en soutien à son gouvernement. Le 1er mai, des manifestations ont eu lieu pour soutenir son gouvernement et dans ce cadre-là, aucune information n’a fait état de manifestants blessés, tués ou arrêtés.