Mozambique. Un journaliste a été menacé de mort par un homme armé pour avoir fait son travail

En réaction aux menaces de mort proférées contre Aunício da Silva, journaliste d'investigation et rédacteur en chef d'Ikweli, hebdomadaire de la ville de Nampula, dans le nord du Mozambique, Deprose Muchena, directeur régional pour l'Afrique australe à Amnesty International, a déclaré :

La vie d'Aunício da Silva a été menacée uniquement parce qu'il faisait son travail de journaliste d'investigation en cherchant à amener les puissants à rendre des comptes
Deprose Muchena, directeur régional pour l'Afrique australe à Amnesty International

« La vie d'Aunício da Silva a été menacée uniquement parce qu'il faisait son travail de journaliste d'investigation en cherchant à amener les puissants à rendre des comptes.

« Ces menaces sont une nouvelle attaque contre la liberté des médias au Mozambique et adressent un message glaçant à tous les journalistes du pays : ils doivent choisir entre garder le silence ou subir les conséquences.

La vie d'Aunício da Silva a été menacée uniquement parce qu'il faisait son travail de journaliste d'investigation
Deprose Muchena

« Le journalisme n’est pas un crime. Les autorités du Mozambique doivent protéger la profession en enquêtant sans délai sur les menaces visant Aunício da Silva. Toute personne dont la responsabilité pénale est engagée dans des menaces et des actes de harcèlement visant des journalistes doit être déférée à la justice dans le cadre d'un procès équitable. »

Complément d'information

Dans la soirée du samedi 2 décembre 2017, un homme armé a menacé de tuer Aunício da Silva, journaliste d'investigation et rédacteur en chef d'Ikweli, hebdomadaire de la ville de Nampula, dans le nord du Mozambique. Il l’a accusé d'avoir publié des articles qui ont sali l'image de Carlos Saíde, le candidat du Mouvement démocratique du Mozambique (MDM) aux élections partielles municipales de Nampula, qui doivent avoir lieu le 24 janvier 2018.

Le 4 octobre, le maire de Nampula, Mahamudo Amurane, a été assassiné par des hommes armés non identifiés. Il avait exprimé son désaccord avec la direction du MDM concernant une gouvernance transparente et sa lutte contre la corruption.