Venezuela. Placement de Leopoldo López en résidence surveillée sur fond d’aggravation de la répression

Le placement en résidence surveillée d’un dirigeant phare de l’opposition, qui se trouvait jusqu’alors en prison, doit constituer un premier pas vers un changement radical d’orientation du gouvernement vénézuélien, qui a pour politique de réduire au silence les voix discordantes, a déclaré Amnesty International.

Samedi 8 juillet à l’aube, Leopoldo López, prisonnier d’opinion et dirigeant du parti d’opposition Voluntad Popular, a été transféré de la prison de Ramo Verde à son domicile, où il doit continuer de purger sa peine.

Savoir que Leopoldo López est sorti de prison est une bonne nouvelle, mais nous ne pouvons pas nous contenter de le voir passer d’une prison à une autre. L’assignation à domicile dont il fait l’objet signifie qu’il est toujours privé de sa liberté.
Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty International

« Savoir que Leopoldo López est sorti de prison est une bonne nouvelle, mais nous ne pouvons pas nous contenter de le voir passer d’une prison à une autre. L’assignation à domicile dont il fait l’objet signifie qu’il est toujours privé de sa liberté, a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

« L’opposition au gouvernement n’est pas une infraction : toutes les charges retenues contre cet homme doivent être abandonnées, et il doit être relâché immédiatement et sans condition.

« Il est grand temps que le gouvernement de Maduro cesse de punir les gens parce qu’ils ne partagent pas ses opinions. Il devrait plutôt s’employer à trouver des solutions opérantes pour résoudre la crise profonde dans laquelle est plongé son pays. »

Complément d’information

Leopoldo López s’est rendu de lui-même à la Garde nationale mardi 18 février 2014 à la suite d’une grande manifestation antigouvernementale qu’il avait organisée. Il était inculpé de terrorisme, de meurtre et de coups et blessures graves, d’incitation à la violence, de dégâts incendiaires sur des biens privés et d’association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes.

En août 2014, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a déclaré que la détention de Leopoldo López était arbitraire et peu après le Haut-commissaire aux droits de l’Homme a demandé aux autorités de le libérer sans délai.

Durant les mouvements de protestation qui ont secoué le Venezuela au premier semestre 2014, 43 personnes sont mortes, dont des membres des forces de sécurité, et des centaines d’autres ont été blessées. Des dizaines de personnes ont subi des mauvais traitements et des milliers ont été arrêtées. Les victimes et leurs proches attendent toujours d’obtenir vérité, réparations et justice.

Depuis le début d’une nouvelle vague de manifestations, le 4 avril, au moins 91 personnes ont été tuées et plus de 1 400 ont été blessées, selon les sources officielles.