Le « non » l’emporte au référendum : une occasion manquée pour la paix en Colombie

Le rejet de l'accord de paix lors du référendum du 2 octobre en Colombie est une occasion manquée pour le pays de tourner enfin la page d'un conflit qui a duré plus de 50 ans, a déclaré Amnesty International.

« Le 2 octobre entrera dans l'histoire comme le jour où la Colombie a tourné le dos à la possibilité de mettre fin à une guerre qui a ruiné des millions de vies pendant plus de 50 ans, a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d'Amnesty International.

Le 2 octobre entrera dans l'histoire comme le jour où la Colombie a tourné le dos à la possibilité de mettre fin à une guerre qui a ruiné des millions de vies pendant plus de 50 ans
Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d'Amnesty International

« Bien qu'imparfait, l'accord représentait un chemin concret vers la paix et la justice. Les incertitudes générées par ce vote exposent des millions de Colombiens, particulièrement ceux qui sont issus de groupes vulnérables comme les communautés indigènes, afro-colombiennes et paysannes, au risque accru de subir des violations des droits humains.

« Il est impératif que la Colombie n'abandonne pas ce projet et que le pays continue de progresser vers la paix tant attendue par des millions de personnes. »

Les droits humains en Colombie en 10 chiffres

7,9 millions – victimes du conflit armé, dont près de la moitié sont des femmes (Unidad para la Atención y Reparación Integral a las Víctimas, UARIV, septembre 2016)

6,9 millions – victimes de déplacement forcé (UARIV)

267 000 – victimes d'homicides dans le cadre du conflit armé, pour la plupart des civils (UARIV)

4 392 – victimes de possibles exécutions extrajudiciaires recensées par le bureau du procureur général (Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies en Colombie, mars 2016)

46 386 - victimes de disparitions forcées (UARIV)

29 622 - victimes d'enlèvements (UARIV)

11 062 - victimes de mines anti-personnel et de munitions non explosées (UARIV) 

8 022 – enfants soldats utilisés par les groupes paramilitaires et les mouvements de guérilla (UARIV) 

63 – défenseurs des droits humains, dont des responsables de communautés indigènes, afro-colombiennes ou paysannes, tués en 2015 ; 52 au cours des neuf premiers mois de 2016 (Programme « Nous sommes des défenseurs »).

20 – syndicalistes victimes d'homicide en 2015 (École nationale syndicale, ENS)