Les autorités du sud de la Chine ne doivent pas bafouer les droits humains en menant leur campagne prévue de stérilisation forcée de milliers de personnes en avril, dans le cadre d’une opération visant à atteindre les objectifs du planning familial, a déclaré Amnesty International jeudi 22 avril. Selon les médias chinois, les responsables de la ville de Puning, dans la province du Guangdong, se sont fixés pour objectif la stérilisation de 9 559 personnes, certaines contre leur gré, d’ici au 26 avril. Les autorités ont lancé le 7 avril la campagne de stérilisation des personnes ayant au moins un enfant. Quatre jours plus tard, les autorités affirmaient avoir atteint 50 % de leur objectif. Un médecin local a déclaré à la presse que le travail de son équipe était programmé de 8h00 du matin au lendemain 4h00. « Les stérilisations forcées menées par les autorités s’apparentent à de la torture et la précipitation dans laquelle la procédure se déroule soulève des questions quant à la sécurité et aux conséquences possibles sur la santé des personnes », a déclaré Roseann Rife, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International. Les autorités de la ville de Puning auraient en outre interpellé 1 377 proches de couples visés par la campagne de stérilisation, manifestement pour tenter de faire pression sur ces derniers et les pousser à consentir à l’opération. Les autorités municipales défendent la campagne en invoquant la présence sur place d’un nombre élevé de travailleurs migrants en âge de procréer et affirment que certains des résidents ont mal compris la règlementation en matière de planification familiale et n’ont donc pas respecté celle-ci. La campagne est également présentée comme une campagne d’éducation publique sur la politique de planification familiale. Selon le site web des autorités de la ville de Puning, la ville compte 2,228 millions d’habitants. La Chine a adopté en septembre 2002 une Loi sur la population et la planification familiale, dans un effort d’uniformisation de la politique de planification familiale à l’échelon national et dans le but de protéger les droits des personnes. Il est interdit de recourir à la contrainte, notamment d’interpeller des membres de la famille, pour faire appliquer cette politique. Selon la loi et la réglementation en vigueur, les couples vivant dans les zones urbaines n’ont droit qu’à un enfant par famille, même s’il y a des exceptions. La politique concernant les personnes vivant en zone rurale est moins restrictive et souvent appliquée avec moins de rigueur. Son application varie aussi d’une localité à l’autre. Les couples ruraux sont autorisés à avoir plus d’un enfant, par exemple lorsque l’aîné est une fille. Les quotas locaux de naissances, renforcés par un système strict de pénalités et de récompenses, jouent un rôle central dans cette politique. Stérilisations et avortements forcés continuent d’être signalés et peu de responsables ont été traduits en justice ou sanctionnés pour de tels agissements. Pour les enfants nés hors quota, aucun certificat de résidence (hukou) n’est délivré. Sans hukou, ils n’ont accès ni au système de soins, ni à l’école, ni aux autres prestations sociales.

