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Première année de la présidence de Medvedev : la situation des droits humains ne s'est pas améliorée

Le président russe Dimitri Medvedev n'a pas tenu ses promesses en matière de droits humains au cours de la première année de son mandat, a déclaré Amnesty International. Un an après son entrée en fonctions, alors qu'il avait pris l'engagement de respecter et protéger les droits humains et les droits des citoyens, les autorités russes ne se sont guère efforcées d'améliorer une situation qui s'est même dégradée dans certains secteurs. « Il y a un an, alors qu'il prenait ses fonctions, le président Dimitri Medvedev a proclamé son engagement envers le renforcement de l'état de droit en Russie, a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty International. « Au cours de la première année de son mandat, il a défini plusieurs objectifs. Toutefois, force est de constater qu'il n'a pas encore initié de changement notable. » Au début de la présidence de Dimitri Medvedev, Amnesty International lui a adressé une note mettant en lumière les questions relatives aux droits fondamentaux auxquelles il doit faire face en Fédération de Russie. Cette note est restée sans réponse. Pendant ce temps, les atteintes aux droits humains perdurent dans le pays. •    L'instabilité et les affrontements armés caractérisent toujours le Caucase du Nord, où les autorités poursuivent l'objectif légitime d'en finir avec la violence imputable aux groupes armés en usant de moyens qui bafouent le droit international relatif aux droits humains. •    L'impunité règne pour les atteintes aux droits humains imputables aux responsables de l'application des lois, notamment dans le Caucase du Nord. •    Les habitants continuent d'être victimes de disparitions forcées, d'enlèvements, de détentions arbitraires et d'actes de torture, voire d'homicides, en détention. •    D'après les autorités, l'annonce récente de la fin de l'« opération antiterroriste » dans de vastes zones de Tchétchénie constitue un pas vers la normalisation. Cependant, Amnesty International estime que la situation en Tchétchénie ne saurait se normaliser sans que toutes les responsabilités soient établies dans les terribles atteintes aux droits humains perpétrées dans cette région. •    Le droit à la liberté de réunion est fréquemment bafoué dans de nombreuses régions de Fédération de Russie, les autorités interdisant les manifestations – particulièrement lorsqu'elles sont initiées par des membres de l'opposition politique. Les manifestants sont couramment arrêtés pour leur participation à ces rassemblements. •    Les menaces et les agressions physiques ciblant des militants de la société civile, des avocats et des journalistes se multiplient, allant parfois jusqu'au meurtre de défenseurs des droits humains, comme Stanislav Markelov et la journaliste Anastasia Babourova. •    Quant au procès concernant l'homicide de la journaliste des droits humains Anna Politkovskaïa, il n'a pas permis de répondre à des questions cruciales comme l'identification des instigateurs et des auteurs de ce crime. Les investigations sur les agressions visant des militants de la société civile, des avocats et des journalistes demeurent inefficaces, ce qui favorise un climat d'impunité et entrave l'essor d‘une société civile robuste. •    Le procès et le traitement en détention de Mikhaïl Khodorkovski et Platon Lebedev, anciens dirigeants de la compagnie pétrolière IOUKOS, illustrent les graves irrégularités du système de justice pénale qui battent en brèche le droit à un procès équitable. •    Sur la scène internationale, les forces armées russes auraient mené des attaques sans discrimination contre des habitations civiles durant le conflit armé entre la Russie et la Géorgie en août 2008 et se seraient abstenues, dans des territoires qu'elles contrôlaient de facto, de protéger la population civile contre les atteintes aux droits humains commises par les troupes et les milices d'Ossétie du Sud. •    La loi de 2006 régissant le travail des organisations non gouvernementales (ONG) a généré certaines difficultés, allant des démarches administratives fastidieuses au harcèlement judiciaire. Amnesty International a demandé à maintes reprises que ce texte soit révisé. Le président Dimitri Medvedev doit veiller à ce que des mesures soient prises afin de favoriser le développement des organisations de la société civile et la promotion du respect envers les défenseurs des droits humains. Dans un élan prometteur, le gouvernement a récemment mis sur pied un groupe de travail, composé de représentants du gouvernement et d'ONG, et chargé de modifier la loi de 2006 sur les ONG. Après un an à la présidence, Amnesty International appelle Dimitri Medvedev à adopter de toute urgence des mesures visant à consolider l'état de droit et à garantir que les autorités de la Fédération de Russie respectent et protègent les droits fondamentaux. « Le président Dimitri Medvedev a affirmé que le respect de l'état de droit et le dynamisme d'une société civile garantissent la bonne santé d'une société. Il doit maintenant prendre des mesures concrètes pour démontrer qu'il ne se contente pas de soutenir les réformes du bout des lèvres et que ses déclarations ne se résument pas à de la poudre aux yeux », a conclu Irene Khan.