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PORTO RICO 2021

Le gouvernement a déclaré l’état d’urgence au sujet de la violence domestique. Les autorités ont réprimé le droit de manifester des défenseur·e·s de l’environnement. La pauvreté infantile s’est accrue. Des parlementaires ont présenté des propositions de loi qui, si elles étaient adoptées, entraîneraient des violations des droits des personnes LGBTI.

Droits des enfants

En mars, l’Administration pour la protection et le développement de l’enfant à Porto Rico a révélé dans un rapport que la pauvreté infantile avait augmenté de 62,7 % au cours des deux années précédentes, principalement à cause des ouragans survenus en 2017 et de la pandémie de COVID-19. Durant les neuf premiers mois de 2021, les autorités ont reçu 10 390 plaintes concernant des violences contre des enfants, soit 3 167 de plus que l’année précédente pour la même période. En novembre, ce nombre était passé à 12 109.

Droits en matière de logement

En août, une étude réalisée par Ayuda Legal Puerto Rico a montré que, presque quatre ans après les ouragans dévastateurs Irma et María, certains logements n’avaient toujours pas été réparés et des personnes vivaient encore dans des habitations provisoirement couvertes d’une bâche bleue en guise de toiture. Un autre rapport sur le Plan d’action pour les fonds d’atténuation a indiqué que 15 000 à 18 000 logements avaient toujours un toit de bâche. D’après les statistiques officielles, 1 640 habitations avaient été réparées ou reconstruites.

En août, 676 expulsions sans proposition de solution de relogement appropriée avaient été recensées par l’administration judiciaire dans l’archipel.

Violences faites aux femmes et aux filles

En janvier, le gouverneur a déclaré l’état d’urgence au sujet des violences liées au genre et a ordonné des mesures de prévention et de lutte contre ces violences. En mai, 511 affaires de violence domestique avaient été enregistrées, soit une forte hausse par rapport à la même période de 2020. En septembre, le gouverneur a promulgué la Loi n° 40, qui reconnaissait et établissait des critères permettant de requalifier certains homicides en féminicides ou en féminicides contre une personne transgenre. Durant l’année, 53 femmes ont été tuées en raison de leur genre, soit sept de moins qu’en 2020, selon l’Observatoire de l’égalité de genre, une organisation de la société civile.

Droits sexuels et reproductifs

Aucune des sept propositions de loi susceptibles de restreindre le droit à l’avortement présentées en 2021 n’avait été adoptée à la fin de l’année. Les autorités ont validé un programme scolaire introduisant la notion de perspective de genre ; celui-ci devait commencer à être enseigné dans les écoles en 2022. Des manifestations ont eu lieu contre sa mise en place.

Lutte contre la crise climatique

Le gouvernement a investi dans la création d’un Comité d’experts et de conseillers sur le changement climatique, chargé d’aider à définir la politique publique dans ce domaine. Au moyen, semble-t-il, d’irrégularités de procédure, le ministère des Ressources naturelles a accordé plusieurs permis de construire menaçant les écosystèmes marin et côtier et mettant des vies en danger du fait de la hausse du niveau de la mer et des risques d’ouragans. Des parlementaires envisageaient de proposer une loi qui pourrait limiter l’excès de constructions dans les zones côtières de Porto Rico.

Recours excessif à la force

Le Bureau de contrôle fédéral de la police a publié en mars un rapport qui concluait que plusieurs unités de police ne s’étaient pas conformées aux exigences de la réforme de la police de 2013 en ce qui concerne le recours à la force et les procédures internes.

En juin, un rapport de l’ONG Kilómetro 0 a indiqué qu’au moins 23 personnes étaient mortes des suites de violences policières au cours des deux années précédentes.

Liberté de réunion

En septembre, l’Union américaine pour les libertés civiles a dénoncé des violations des droits civils commises à l’encontre de défenseur·e·s de l’environnement. La police a tenté de réprimer des manifestations, notamment en déployant les forces de sécurité et en arrêtant arbitrairement des défenseur·e·s de l’environnement.

Droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexes

En juin, le Bureau fédéral d’enquêtes (FBI) a arrêté trois hommes en lien avec la mort d’Alexa, une femme transgenre tuée en 2020. Au mois de juillet, des défenseur·e·s des droits humains ont dénoncé les opérations ciblées menées par la police municipale contre des établissements fréquentés par des personnes LGBTI. Le gouvernement fédéral a ordonné en août que les élèves transgenres ou se réclamant d’autres identités sexuelles soient protégés dans les établissements scolaires. Des parlementaires ont présenté plusieurs propositions de loi qui menaçaient la dignité et les droits des personnes LGBTI en prohibant les traitements hormonaux et en interdisant les athlètes transgenres dans le sport féminin ; aucun de ces textes n’avait été approuvé à la fin de l’année. Le Sénat a rejeté une proposition de loi interdisant les thérapies de conversion. Une proposition de loi visant à établir une Charte des droits des personnes LGBTI était en cours d’examen devant le Sénat à la fin de l’année.