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Pakistan. Il faut libérer immédiatement huit personnes arrêtées pour des tweets critiques

Réagissant à l’arrestation de huit personnes, toutes appréhendées par la police judiciaire fédérale après avoir publié des tweets critiques à l’égard des autorités, Dinushika Dissanayake, directrice des recherches sur l’Asie du Sud à Amnesty International, a déclaré :

« Les autorités pakistanaises doivent renoncer à utiliser la draconienne Loi sur la prévention de la cybercriminalité pour punir des personnes qui n’ont fait qu’exercer en ligne leur droit à la liberté d’expression. Pendant trop longtemps, cette loi a servi d’outil aux gouvernements successifs pour réprimer la contestation pacifique et intimider les sympathisant·e·s de l’opposition.

Personne ne doit être arrêté simplement pour avoir exprimé ses opinions, que ce soit en ligne ou hors ligne

Dinushika Dissanayake, directrice des recherches sur l’Asie du Sud à Amnesty International

« Les huit personnes appréhendées aujourd’hui dans diverses parties du Pendjab doivent être libérées immédiatement et sans condition. Les autorités pakistanaises, au lieu de redoubler d’efforts pour faire taire les voix dissidentes, doivent cesser de réprimer le droit à la liberté d’expression. »

Complément d’information

Le 13 avril, la police judiciaire fédérale a appréhendé huit personnes dans diverses parties du Pendjab. Elle venait de lancer une opération de répression contre des personnes militant sur les réseaux sociaux, qui, selon elle, participaient à une campagne de diffamation à l’égard des institutions. La police judiciaire fédérale a affirmé aux médias que ces arrestations n’étaient liées à aucun parti d’opposition.

Le 9 avril, Imran Khan a été démis de ses fonctions de Premier ministre après le vote d’une motion de censure par le Parlement pakistanais. Quelques jours plus tôt, il avait tenté d’empêcher la tenue de ce vote, démarche que la Cour suprême a jugée inconstitutionnelle.

Imran Khan et son parti, le Mouvement du Pakistan pour la Justice (Pakistan Tehreek-e-Insaf), ont affirmé que leur éviction était l’aboutissement d’un complot entre les États-Unis et l’opposition, propos qui ont été suivis de manifestations de ses sympathisant·e·s dans tout le pays. L’équipe du parti chargée des réseaux sociaux a ensuite lancé une campagne sur Twitter pour dénoncer l’armée, l’appareil judiciaire et la nouvelle direction du pays.