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Tanzanie. La présidente Hassan doit en faire plus pour garantir les droits humains après la libération de Freeman Mbowe

La libération de Freeman Mbowe, dirigeant de l’opposition en Tanzanie, est une avancée dans la bonne direction qui doit être suivie de mesures concrètes afin de garantir le plein respect des droits humains, notamment les droits à la liberté d’association, de réunion pacifique et d’expression, a déclaré Amnesty International lundi 7 mars.

Freeman Mbowe a fait l’objet d’une arrestation et d’une détention arbitraires sur la base de charges motivées par des considérations politiques, sur fond d’actions de répression contre l’opposition en Tanzanie

Sarah Jackson, directrice adjointe pour l’Afrique de l'Est, la Corne de l’Afrique et les Grands lacs à Amnesty International

Freeman Mbowe a passé huit mois en détention sur la base de charges de terrorisme, qui ont été abandonnées avant sa libération le 4 mars. Amnesty International demande aux autorités tanzaniennes de cesser immédiatement d’instrumentaliser le droit pour s’en prendre à l’opposition et aux voix critiques. L’organisation les exhorte à adopter un certain nombre de réformes portant notamment sur l’utilisation abusive de dispositions relatives aux infractions non susceptibles de donner lieu à une libération sous caution, en vertu de la Loi de procédure pénale, qui permet de maintenir des personnes en détention pour des durées déraisonnables au motif que des enquêtes complémentaires sont en cours.

Après sa libération, Freeman Mbowe a rencontré la présidente Samia Suluhu Hassan au palais présidentiel à Dar es Salaam, où ils se sont engagés à marcher main dans la main pour « construire la nation, dans la confiance et un respect mutuel fondé sur la justice ».

« Freeman Mbowe a fait l’objet d’une arrestation et d’une détention arbitraires sur la base de charges motivées par des considérations politiques, sur fond d’actions de répression contre l’opposition en Tanzanie. Sa libération met un terme à huit mois d’injustice et doit marquer la fin des tentatives des autorités tanzaniennes d’étouffer l’opposition politique et la contestation pacifique », a déclaré Sarah Jackson, directrice adjointe pour l’Afrique de l’Est, la Corne de l’Afrique et les Grands lacs à Amnesty International.

« Nous demandons désormais à la présidente Hassan d’honorer l’engagement qu’elle a pris la semaine dernière, et de veiller à ce que la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique de chacun, y compris les membres de l’opposition politique, soit respectée, protégée et défendue à l’avenir.

« Cela suppose de mettre fin aux arrestations arbitraires et manœuvres de harcèlement visant les figures politiques et leurs sympathisant·e·s. Les personnes arrêtées uniquement pour avoir exprimé une opposition non violente et s’étant vu refuser une libération sous caution doivent être immédiatement remises en liberté. »

Nous demandons désormais à la présidente Hassan d’honorer l’engagement qu’elle a pris la semaine dernière, et de veiller à ce que la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique de chacun, y compris les membres de l’opposition politique, soit respectée, protégée et défendue à l’avenir

Sarah Jackson

La division chargée des faits de corruption et de sabotage économique à la Haute cour a ordonné la libération de Freeman Mbowe et de trois de ses co-accusés, Halfan Bwire Hassan, Adam Hassan Kasekwa et Mohammed Abdillahi Ling’wenya, après que le procureur a abandonné les charges de terrorisme retenues contre eux.

Le parquet n’a pas expliqué la raison de cette décision.

Complément d’information

Freeman Mbowe a été arrêté aux premières heures du 21 juillet 2021 lors d’une descente dans un hôtel à Mwanza, dans le nord de la Tanzanie. Il était censé lancer quelques heures plus tard un programme demandant des réformes constitutionnelles en Tanzanie.

Halfan Bwire Hassan, Adam Hassan Kasekwa, Mohammed Abdillahi Ling et lui ont été accusés de plusieurs infractions en relation avec le terrorisme. Freeman Mbowe a par ailleurs été accusé d’avoir fourni des fonds dans le but d’organiser des actes terroristes, en « violation de la Loi sur le contrôle du crime organisé et des infractions économiques ».