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Les ambulanciers pris pour cible à Gaza

Le personnel médical assurant des soins d'urgence, notamment des médecins, des secouristes et des ambulanciers, a, à de nombreuses reprises, essuyé les tirs des forces israéliennes durant le confit à Gaza alors qu’il accomplissait son travail. Sept d’entre eux au moins ont été tués et plus de 20 blessés alors qu’ils transportaient ou tentaient d'emporter des blessés ou des morts. Le 4 janvier 2009, une ambulance est arrivée une quinzaine de minutes après l’explosion à Beit Lahiya d’un missile qui avait apparemment visé cinq jeunes hommes non armés. Elle a été touchée cinq minutes plus tard par un obus à fléchettes (obus pouvant contenir de 5 000 à 8 000 fléchettes d’acier, qui ne devraient jamais être utilisés dans des zones civiles) tiré par un tank. Deux secouristes ont été gravement blessés. L’un d’eux, Arafa Hani Abd-al-Dayam, a succombé à ses blessures. Les chercheurs d’Amnesty International ont par la suite constaté que le mur près duquel se trouvait l’ambulance était hérissé de centaines de fléchettes. Le 4 janvier, dans la ville de Gaza, trois secouristes – Anas Fadhel Naim, Yaser Kamal Shbeir, et Rafat Abd al-Al – ont été tués alors qu'ils traversaient à pied un petit terrain pour aller porter secours à deux hommes blessés dans un verger. Un jeune garçon de douze ans, Omar Ahmad al-Baradee, qui se tenait près de sa maison et qui avait indiqué aux secouristes l’endroit où se trouvaient les blessés, a également été tué dans cette attaque. Les restes du missile qui a tué ces quatre personnes portaient l’inscription « missile guidé, attaque de surface », et indiquaient que cette arme provenait des États-Unis. Les quatre corps sont restés sur place pendant deux jours car les ambulanciers qui tentaient de les approcher essuyaient les tirs des forces israéliennes. Le 12 janvier, plusieurs ambulances sont arrivées rapidement après qu’un immeuble d'habitation de six étages eut été frappé par deux missiles. Des gens du quartier essayaient déjà d'évacuer les corps des blessés et des morts qui se trouvaient dans les étages supérieurs. Le docteur Issa Abdel Rahim Saleh et un urgentiste, Ahmad Abdel Bari Abu Foul, ont été les premiers membres du personnel médical d’urgence à arriver sur place et ils ont commencé à évacuer les blessés. Alors qu’ils descendaient les marches entre le sixième et le cinquième étage, un obus tiré par un char est entré par une fenêtre et à tranché la tête et le corps du docteur Saleh. Plusieurs ambulances étaient stationnées en bas de l'immeuble et le personnel médical était parfaitement visible et repérable grâce aux gilets fluorescents. Cela n’a cependant pas empêché les tankistes de tirer. Les Conventions de Genève prévoient que le personnel médical qui recherche, recueille, transporte et soigne des blessés doit être protégé et respecté en toutes circonstances. L'article 3 commun aux quatre Conventions de Genève dispose que les blessés doivent être recueillis et soignés, y compris les combattants mis hors de combat. Ces dispositions du droit international n’ont pas été respectées durant le conflit dans la bande de Gaza.