Irlande

Amnesty International ne prend pas position sur les questions de souveraineté ou les conflits territoriaux. Les frontières apparaissant sur cette carte sont basées sur les données géospatiales des Nations unies.
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Irlande 2025

La crise du logement s’est aggravée. Les réparations pour les victimes d’atteintes aux droits humains perpétrées dans les « foyers mères-bébés » étaient insuffisantes. Les femmes et les filles roms ou membres de la communauté des gens du voyage (Travellers) ont continué de subir des discriminations. Des inquiétudes persistaient quant à l’accès limité à l’avortement. Le Plan d’action pour le climat du gouvernement a été critiqué pour son manque de politiques claires. La police a fait usage d’une force injustifiée contre des manifestant·e·s.

Droits en matière de logement

La crise généralisée liée au manque de disponibilité et au prix inaccessible des logements s’est aggravée et le nombre de personnes sans abri a atteint des niveaux record. Le Programme de gouvernement publié en janvier ne comprenait aucun engagement en faveur d’un référendum constitutionnel sur le droit à un logement convenable, alors qu’une telle initiative avait été recommandée par la Commission logement du gouvernement précédent.

Droits des femmes et des filles

Dans ses observations finales concernant le huitième rapport périodique soumis par l’Irlande, qui ont été publiées en juillet, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes [ONU] a recommandé la suppression des obstacles arbitraires à la réparation que rencontraient les personnes ayant subi des mauvais traitements dans les « foyers mères-bébés », les « blanchisseries des sœurs de Marie-Madeleine » et d’autres institutions résidentielles pour femmes et filles en service au XXe siècle.

Le Comité a observé que les femmes et les filles roms ou travellers continuaient d’avoir un accès limité à l’éducation, à l’emploi, aux services de santé et au logement, et que les femmes travellers étaient surreprésentées de manière persistante parmi la population carcérale.

Il a également exprimé sa préoccupation quant à la non-application des « recommandations formulées dans l’examen indépendant effectué en 2023 sur l’application de la loi de 2018 sur la santé (réglementation de l’interruption de grossesse), [au] manque de services d’avortement disponibles, [à] l’absence de données disponibles, et [à] la stigmatisation et […] l’objection de conscience parmi le personnel médical ».

Droit à un environnement sain

En avril, le gouvernement a publié son Plan d’action pour le climat 2025. Les groupes de la société civile se sont dits préoccupés par le fait que ce plan manquait de politiques claires et d’obligations explicites à destination des organismes publics en vue de l’abandon équitable des combustibles fossiles et des infrastructures associées.

Publié en mars, le rapport de l’Irlande sur le financement du climat et de l’environnement faisait état d’une augmentation d’un tiers des dépenses dédiées au financement du climat pour l’année 2023, et indiquait que le pays était sur la bonne voie pour respecter son engagement de 225 millions d’euros annuels en 2025.

Responsabilité des entreprises

Le journal The Guardian a mis au jour des éléments attestant que les centres de données de Microsoft basés en Irlande avaient été utilisés par l’armée israélienne pour surveiller des Palestinien·ne·s et planifier des frappes aériennes contre eux. Après avoir mené des investigations, Microsoft a annoncé en septembre qu’elle n’allait plus donner accès à certains stockages Azure Cloud et services d’intelligence artificielle à l’Unité 8200 d’Israël. À la fin de l’année, on ignorait si Microsoft avait enquêté sur l’éventuelle utilisation de ses produits par Israël dans des violations des droits humains de la population palestinienne et si l’entreprise avait mis fin aux contrats concernés.

Contrairement aux engagements pris, le gouvernement n’a pas adopté de loi interdisant les échanges commerciaux avec les colonies israéliennes illégalement implantées en Territoire palestinien occupé.

Liberté de réunion pacifique

En mars, la police a procédé à des arrestations inutiles et a eu recours à la force de manière injustifiée lors d’une manifestation du groupe militant Mothers Against Genocide. En octobre, la police a utilisé une force excessive contre des personnes qui manifestaient contre la détention par Israël de militant·e·s de la flottille mondiale Sumud.

Liberté d’expression et d’association

L’autorité de régulation des organismes de bienfaisance a créé en octobre un comité consultatif statutaire pour éclairer la façon dont l’objectif de « promotion des droits humains » figurant dans la Loi de 2024 portant modification de la Loi sur les organismes de bienfaisance serait appliqué aux décisions concernant l’octroi du statut d’organisme de bienfaisance. Les conséquences négatives de la Loi électorale sur l’accès des organisations de la société civile au financement à des fins de campagne étaient toujours une source de préoccupation.

Droits des personnes réfugiées ou migrantes

Le gouvernement a publié en avril un projet de loi proposant une refonte du système d’asile conformément au pacte de l’UE sur la migration et l’asile. La Commission irlandaise des droits humains et de l’égalité (IHREC) a exprimé ses craintes que ce texte instaure un système non respectueux des droits des personnes demandeuses d’asile. Les problèmes soulevés concernaient principalement la détention, l’accès à une représentation et à des conseils juridiques, ainsi que le traitement des enfants et des personnes vulnérables.

Droits des travailleuses et travailleurs

Le ministère de la Justice a enfin publié, en mars, son évaluation de l’article 7A de la Loi pénale de 2017 relative aux infractions à caractère sexuel, qui érigeait en infraction l’achat de services sexuels. Il était recommandé dans cette évaluation de maintenir la criminalisation, malgré les informations montrant que cette approche exposait les travailleuses et travailleurs du sexe à un risque accru de violences et à d’autres atteintes à leurs droits.

Droits des personnes LGBTI

Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes s’est dit préoccupé par l’absence de consentement libre, préalable et éclairé pour les interventions médicales sur les enfants intersexes et a recommandé l’interdiction des thérapies de conversion pour les personnes LGBTI.

Droits des personnes détenues

Le Comité européen pour la prévention de la torture [Conseil de l’Europe] a publié en juillet le rapport sur sa visite de 2024 en Irlande. Ce rapport, qui mettait en évidence une détérioration des conditions carcérales, en particulier dans les prisons pour hommes, comprenait des éléments attestant de soins de santé mentale insuffisants, de violences entre personnes détenues et de décès évitables en détention. Il mentionnait également des allégations faisant état de mauvais traitements perpétrés par le personnel.

Droits des personnes en situation de handicap

Dans son premier rapport en tant que mécanisme de suivi indépendant de l’Irlande au titre de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, l’IHREC a noté un « manque chronique de soutiens, de logements et de services locaux équivalant de facto à une politique d’institutionnalisation ». Elle a signalé également « l’incapacité répétée de l’État à protéger les personnes en situation de handicap » en milieu institutionnel.

Violations du droit international humanitaire

En juillet, l’organisation de la société civile Uplift a intenté une action en justice contre le gouvernement, lui reprochant de ne pas avoir enquêté sur des éléments montrant que des avions civils transportant une cargaison militaire avaient à plusieurs reprises emprunté illégalement l’espace aérien irlandais lors de vols entre les États-Unis et Israël.