Bélarus. La parodie de procès contre l’agence de presse BelaPAN illustre l’asphyxie des médias indépendants

En réaction aux informations selon lesquelles un tribunal au Bélarus a commencé le 6 juin 2022 à examiner l’affaire intentée contre l’agence de presse indépendante BelaPAN, dans le cadre de laquelle la rédactrice en chef Iryna Leushyna, l’ancien directeur Dzmitry Navazhylau, l’ancien directeur adjoint Andrey Alyaksandrau – et sa compagne Iryna Zlobina – sont notamment inculpés d’avoir créé un « groupe extrémiste », Marie Struthers, directrice pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International, a déclaré :

« L’affaire BelaPAN incarne parfaitement la manière dont les médias indépendants au Bélarus sont bâillonnés depuis les deux dernières années, depuis la fin de l’élection présidentielle controversée et le lancement par les autorités d’une violente campagne visant à écraser la dissidence. De fausses accusations d’” extrémisme ” sont régulièrement portées contre les journalistes qui osent publier des articles indépendants en dépit du risque de passer des années derrière les barreaux.

L’affaire BelaPAN incarne parfaitement la manière dont les médias indépendants au Bélarus sont bâillonnés depuis les deux dernières années, depuis la fin de l’élection présidentielle controversée et le lancement par les autorités d’une violente campagne visant à écraser la dissidence

Marie Struthe

« Les forces de sécurité bélarussiennes multiplient les arrestations de détracteurs de l’État en raison de leur dissidence pacifique, tandis que les tribunaux prononcent des peines de plus en plus sévères et iniques, en violation flagrante des obligations incombant au Bélarus au titre du droit international relatif aux droits humains. Les autorités doivent mettre un terme à leur offensive contre la liberté d’expression.

« Elles doivent abandonner toutes les charges retenues contre Iryna Leushyna, Dzmitry Navazhylau, Andrey Alyaksandrau et Iryna Zlobina. Tous les journalistes et professinonel·le·s des médias emprisonnés uniquement pour avoir fait leur travail légitime, à savoir informer la population et dénoncer les abus de pouvoir, doivent être libérés immédiatement et sans condition. »

Complément d’information

Diverses inculpations pèsent sur les accusés de l’affaire BelaPAN, notamment « création d’un groupe extrémiste », « haute trahison » et « évasion fiscale ». Ils encourent jusqu’à 15 ans de prison pour la seule accusation de « haute trahison ».

Le 18 août 2021, les autorités bélarussiennes ont perquisitionné le siège éditorial de BelaPAN et les domiciles de plusieurs employé·e·s. Elles ont aussi saisi des équipements, bloqué les sites Internet de l’agence et saisi des serveurs. Iryna Leushyna et Dzmitry Navazhylau ont été arrêtés le même jour, tandis qu’Andrey Alyaksandrau et Iryna Zlobina ont été placés en détention provisoire six mois auparavant, pour collaboration avec la BY Help Foundation, qui vient en aide aux victimes de représailles politiques.

BelaPAN a été interdite de manière arbitraire en novembre 2021, après avoir été qualifiée par les autorités d’« organisation extrémiste ».