Personnes en déplacement

© OZAN KOSE/AFP/Getty Images

Vue d’ensemble

Chaque jour, dans le monde, des personnes prennent la décision la plus difficile de leur existence : partir de chez elles dans l'espoir de trouver une vie meilleure.

Les migrations ont toujours existé. Les raisons motivant les gens à émigrer sont variées et souvent complexes. Certains se rendent dans un nouveau pays pour améliorer leur situation économique ou poursuivre leurs études. D'autres quittent leur pays pour fuir des atteintes aux droits humains, telles que la torture, les persécutions, les conflits armés, l'extrême pauvreté et même la mort.

Leur voyage peut être plein de dangers et de peur. Certains se retrouvent détenus à leur arrivée. Beaucoup sont confrontés quotidiennement au racisme, à la xénophobie et à la discrimination. Ces personnes sont particulièrement vulnérables, car dépourvues des habituelles structures d'appui que nous tenons généralement pour acquises.

Amnesty International travaille avec les réfugiés et les migrants depuis plusieurs décennies. Son action consiste notamment à empêcher que des réfugiés ne soient renvoyés dans des pays où ils risquent d'être persécutés et à protéger les migrants les plus vulnérables de l'exploitation et des abus commis par leurs employeurs, les trafiquants et les passeurs.

En octobre 2013, plus de 400 personnes ont perdu la vie dans deux naufrages au large de l'île italienne de Lampedusa. Mohammed, un réfugié syrien, avait alors 20 ans : « Je ne trouvais plus mes amis. Je demandais : “Où sont-ils ?” J’ai fini par rejoindre Omar [...]. J'ai essayé d'aider d'autres personnes, mais c'était impossible. Omar et moi nous nous sommes entraidés, mais c'était dur de nager pendant des heures. Dans l'eau, tout le monde cherchait sa famille, ses amis. »

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Les questions qui se posent

De dangereux voyages

Des milliers de personnes qui partent d'Amérique centrale et traversent le Mexique sont enlevées, tuées et violées chaque année.

Aux abords de l'Union européenne, de nombreux réfugiés et migrants n'atteignent même pas la terre ferme, car le durcissement de la « forteresse Europe » ne leur laisse d'autre solution que de tenter de rejoindre ce continent dans des bateaux bondés et impropres à la navigation tenus par des trafiquants qui ne se soucient guère de l'arrivée à bon port de leurs passagers. Au moins 3 419 personnes ont péri en traversant la Méditerranée durant la seule année 2014. Pour les gouvernements européens, il importe plus d'empêcher les gens d'entrer sur leur territoire que de sauver des vies.

Exploités

Les travailleurs migrants, vulnérables et dépourvus de leurs structures d'appui habituelles, finissent souvent payés une misère pour s'épuiser à la tâche. De nombreux cas observés par Amnesty s'apparentent à de l'esclavage. Certains pays ne semblent même pas se donner la peine de protéger les employés de maison d'origine étrangère. Ainsi, à Hong Kong et en Indonésie, ceux-ci subissent toutes sortes d'abus, dont des violences sexuelles et du travail forcé.

Le Qatar essuie des critiques en raison de sa négligence envers les autres travailleurs migrants également, malgré les promesses de réforme faites en vue de la Coupe du monde de football 2022. Les retards de paiement des salaires, les conditions de travail très difficiles et dangereuses, les conditions de vie déplorables et le travail forcé y sont encore endémiques.

Boucs émissaires

La façon dont les questions de migration sont présentées par les responsables politiques, les représentants des pouvoirs publics et les médias influence considérablement le regard porté sur les migrants. Ces derniers sont souvent pris comme boucs émissaires par des responsables politiques ou certains médias qui les désignent comme des « clandestins », des « resquilleurs » – voire des « envahisseurs » – exploitant la générosité des pays d'accueil. Cela donne l'impression que les migrants n'ont aucun droit et conduit au racisme et à la discrimination.

Les bénéfices apportés par les migrants, tels que les compétences, les ressources et la diversité, figurent rarement dans l'actualité. Selon la Banque mondiale, les migrations internationales sont favorables car les travailleurs peuvent se rendre dans les lieux où ils sont le plus productifs. En outre, le montant total de l'argent envoyé par les migrants dans les pays en développement dont ils sont originaires (les fameux « transferts de fonds ») équivaut à trois fois celui que les États dépensent en aide au développement – il s'élevait à environ 404 milliards de dollars américains en 2013.

Ce que demande Amnesty International

Que les migrants

• soient protégés des violences racistes et xénophobes ;
• soient protégés de l'exploitation et du travail forcé ;
• ne soient pas détenus sans raison légitime ni expulsés ;
• ne subissent aucune discrimination.

Que les réfugiés

• ne soient pas renvoyés de force dans un pays où ils risquent d’être victimes d'atteintes à leurs droits humains ;
• soient réinstallés lorsqu'ils sont en situation de vulnérabilité ;
• ne subissent aucune discrimination ;
• aient accès au travail, à un logement et à l’éducation ;
• soient autorisés à se déplacer librement et à garder leurs pièces d'identité et leurs documents de voyage.

Que les demandeurs d'asile

• soient autorisés à entrer dans un pays pour solliciter l'asile ;
• ne soient pas renvoyés dans un pays où ils risquent d’être victimes d'atteintes à leurs droits humains ;
• aient accès à des procédures de demande d'asile équitables et efficaces et, s'ils sont renvoyés dans un pays, que leur sécurité soit garantie et leur dignité respectée ;
• puissent entrer en contact avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'ils en ont besoin ou le souhaitent.

En savoir plus

Qu'est-ce qu'un migrant ?

Un migrant, une migrante se déplace dans son propre pays ou d’un pays à un autre, généralement en quête de travail même si d’autres raisons peuvent l’y pousser, comme la volonté de retrouver des membres de sa famille. Certains migrants se déplacent de leur propre gré, d’autres y sont contraints en raison de difficultés économiques ou autres. Un migrant peut être en situation régulière dans un pays lorsqu’il possède un permis de travail et de résidence, ou en situation irrégulière lorsque les autorités du pays où il souhaite vivre et travailler ne l’y autorisent pas.

La plupart des migrants internationaux vivent en Europe (72 millions), suivie par l'Asie (71 millions) et l'Amérique du Nord (53 millions).

Qu'est-ce qu'un réfugié ?

Un réfugié, une réfugiée est une personne qui a fui son pays parce qu’elle y a subi des violations de ses droits fondamentaux en raison de son identité ou de ses convictions. Elle est contrainte de demander une protection internationale, car son propre gouvernement ne peut ou ne veut pas la protéger.

Qu'est-ce qu'un demandeur d'asile ?

Un demandeur d'asile, une demandeuse d’asile est une personne qui a quitté son pays en quête d'une protection internationale mais qui n’a pas encore obtenu le statut de réfugié.

Ce que dit le droit international

Quels que soient la manière dont ils arrivent dans un pays et le but de leur déplacement, les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile disposent de droits protégés par le droit international :

• La Déclaration universelle des droits de l’homme dispose à son article 14 : « Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays ».
• La Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés (1951) interdit d'envoyer des réfugiés dans des pays où ils risquent d'être persécutés.

Repères

230M

Plus de 230 millions de personnes vivent en dehors de leur pays de naissance – soit environ 3 % de la population mondiale.

14,2M

Selon les estimations, on comptait 14,2 millions de réfugiés dans le monde à la fin de l'année 2013.

10M

10 millions de personnes dans le monde sont « apatrides » – aucun État ne reconnaît leur citoyenneté.

33,3M

Environ 33,3 millions de personnes ont dû fuir leur domicile mais restent dans leur pays (on les appelle « personnes déplacées »).