Déclaration relative à la consultation sur le travail du sexe

Déclaration relative à la consultation sur le travail du sexe

Les travailleurs et les travailleuses du sexe constituent l’une des populations les plus marginalisées au monde et il est important que nous comprenions comment notre organisation peut contribuer à la défense des droits fondamentaux de ces personnes. Nous savons qu’il s’agit d’une problématique complexe et délicate, qui peut être source de désaccords, et tout doit être pesé. C’est pourquoi au cours des deux dernières années nous avons œuvré à l’élaboration d’une ligne de conduite qui se fonde sur des recherches approfondies et sur une consultation des personnes concernées.

Cette consultation est en cours, et toute version existante de la ligne de conduite demeure à l’état de projet, dans l’attente d’une nouvelle consultation.

Pour le projet actuel nous nous sommes appuyés sur de très nombreux éléments en provenance d’agences de l’ONU comme l’Organisation mondiale de la santé, ONUSIDA, ONU FEMMES et le rapporteur spécial sur le droit à la santé. Nous avons également mené des recherches approfondies dans quatre pays.

Les bureaux nationaux d’Amnesty de différentes régions du monde ont également contribué à la formulation de cette ligne de conduite en consultant un grand éventail de personnes concernées. Ont été mis à contribution des groupes de personnes travaillant ou ayant travaillé dans l’industrie du sexe ; des organisations favorables à l’abolition de la prostitution ; des féministes et des personnes représentant d’autres organisations de défense des droits des femmes ; des organismes de lutte contre le trafic d’êtres humains et des militants VIH/sida.

Les recherches qui ont été menées et les différents commentaires qui ont été faits ont contribué à l’élaboration de la ligne de conduite proposée.

La consultation ne change en rien la position qu’Amnesty International a adoptée il y a déjà longtemps, à savoir que le travail forcé et la traite des êtres humains constituent des atteintes aux droits humains et doivent être qualifiés d’infractions pénales. En vertu du droit international, les États sont tenus de mettre un terme à la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, de la prévenir et d’en sanctionner les auteurs, et Amnesty continuera à œuvrer en ce sens.

Il est important de souligner que le processus de consultation est toujours en cours et qu’aucune décision n’a encore été prise. Aucune ligne de conduite n’a encore été adoptée par Amnesty International et on ne sait pas quelle sera l’issue du vote.

Le projet de ligne de conduite sera soumis au vote lors de la grande réunion de prises de décision d’Amnesty International qu’est le Conseil international (CI), qui a lieu à Dublin (Irlande) du 7 au 11 août 2015.