Mozambique
Chef de l’État
Armando Emilio Guebuza
Chef du gouvernement
Luísa Días Diogo, remplacée par Aires Bonifacio Baptista Ali le 16 janvier
Peine de mort
abolie
Population
23,4 millions
Espérance de vie
48,4 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F)
162 / 144 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
54 %

La police s’est rendue coupable de violations des droits humains, notamment d’exécutions extrajudiciaires et d’arrestations arbitraires. Elle a utilisé des balles réelles lors de mouvements de protestation, faisant 14 morts et plus de 400 blessés. Des informations ont fait état de torture et d’autres mauvais traitements en prison.

Contexte

En janvier, le président Armando Guebuza a prêté serment pour un second mandat et remplacé la Première ministre en exercice, Luísa Días Diogo, par Aires Bonifacio Baptista Ali.

Au cours de l’année, au moins 10 personnes ont été tuées lors de lynchages menés par des membres de la population locale dans tout le pays. Beaucoup d’autres ont été gravement blessées lors de tentatives de lynchage. La plupart de ces épisodes sont survenus dans la province de Sofala.

Plusieurs évasions se sont produites. En janvier, parmi les 51 détenus qui s’étaient échappés d’une prison de Nampula, sept ont été repris. Trois détenus se sont évadés en mars de la prison de haute sécurité de Maputo, et 17 autres en octobre d’un centre pénitentiaire de Nampula. Sept gardiens ont été arrêtés en relation avec l’évasion de Maputo.

Plusieurs centaines de migrants sans papiers, dont des réfugiés, ont été arrêtés. La plupart tentaient semble-t-il de rejoindre illégalement l’Afrique du Sud. En juin, neuf personnes se sont noyées et plus de 40 ont été portées disparues après le naufrage d’un navire transportant de très nombreux migrants clandestins, au large de la province de Cabo Delgado.

En octobre, le gouvernement s’est engagé publiquement à réformer le système pénitentiaire, et notamment à réduire la surpopulation carcérale. Les débats sur un projet de loi proposant d’autres peines que l’incarcération ont commencé.

Toujours au mois d’octobre, le ministre de l’Intérieur a été relevé de ses fonctions et nommé au ministère de l’Agriculture. Ce transfert a fait suite aux mouvements de protestation qui se sont déroulés dans les provinces de Maputo et de Manica, au cours desquels la police avait tiré à balles réelles afin de contenir les manifestants, tuant 14 d’entre eux.

En novembre, le Mozambique a ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées [ONU] et le Protocole facultatif s’y rapportant.

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Police

Des policiers ont été déclarés coupables d’activités criminelles, y compris de violences, de vol, d’extorsion et d’homicide. Des cas de policiers tués ou gravement blessés par des délinquants présumés, parfois semble-t-il en raison de liens entre des agents et des bandes criminelles, ont été signalés.

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Utilisation excessive de la force

La police a, cette année encore, fait un usage excessif de la force au cours de manifestations et lors d’opérations visant à arrêter des délinquants présumés. En mai, le corps d’Agostinho Chaúque – que les autorités avaient désigné « ennemi public numéro un » – a été retrouvé à Matola, à proximité du domicile familial. La police a affirmé qu’il avait été tué lors d’un échange de coups de feu à Maputo.

  • En septembre, dans les provinces de Maputo et de Manica, des policiers ont tiré à balles réelles en direction de la foule qui protestait contre la hausse du prix du pain et des denrées de base, notamment en mettant le feu à des pneus et en bloquant des routes. Au moins 14 manifestants ont été tués et plus de 400 autres blessés. La police a expliqué avoir utilisé des balles réelles car elle n’avait plus de munitions en caoutchouc. Plus de 140 personnes, accusées d’être à l’origine des violences, ont été arrêtées. Dans la plupart des cas, l’absence d’éléments de preuve a conduit les tribunaux à classer sans suite. Plusieurs procédures pénales concernant ces événements étaient toutefois en cours à la fin de l’année, mais aucune dans une affaire d’utilisation d’armes à feu par des policiers. Par ailleurs, personne n’avait encore eu à répondre de l’usage meurtrier qui avait été fait de telles armes durant des manifestations en 2008.
  • En septembre, la police a abattu à Maputo un homme connu sous le nom de Walter M.K. Selon les sources policières, l’homme a sorti un pistolet et ouvert le feu alors que des agents demandaient à voir ses papiers. Il était recherché, selon ces mêmes sources, dans une affaire de meurtre de deux policiers et de braquage à main armée d’une banque. Amnesty International n’a connaissance d’aucune enquête ou instruction sur sa mort.
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Arrestations et détentions arbitraires

Outre les arrestations massives effectuées dans le cadre des manifestations de septembre, des cas d’arrestations et détentions arbitraires opérées par la police ont été signalés.

  • Le président du Forum des anciens combattants du Mozambique, Hermínio dos Santos, a été appréhendé le 10 août, selon toute apparence parce qu’il prévoyait d’organiser une manifestation. Des membres de la Force d’intervention rapide (FIR) étaient postés devant son domicile durant les quatre jours qui ont précédé son arrestation, effectuée par des agents de la FIR et de la police de l’ordre public. C’est parce qu’il n’avait pas donné suite à une assignation qu’il aurait été appréhendé, mais selon certaines informations, cette assignation ne lui avait pas été signifiée directement. Inculpé de désobéissance, il a été jugé et acquitté par le tribunal judiciaire de Machava, à Maputo, le 30 août.
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Torture et autres mauvais traitements

Des cas de traitements cruels, inhumains et dégradants en prison ont été signalés. En avril, au moins sept détenus de la Brigade opérationnelle (BO), prison de haute sécurité de Maputo, ont déclaré à la ministre de la Justice lors de sa visite qu’ils avaient été frappés, notamment à coups de pied, fouettés et ligotés par les gardiens. L’un des prisonniers a déclaré que les surveillants avaient laissé ses codétenus le rouer de coups avant de se joindre au passage à tabac. Cinq des prisonniers s’étaient apparemment vu infliger des mauvais traitements à titre de mesure disciplinaire car ils se trouvaient en possession de téléphones mobiles. Un sixième avait été maltraité pour avoir regagné tardivement sa cellule et le septième n’en connaissait pas le motif. Le directeur et des gardiens de la prison ont été suspendus, mais aucune information relative à des poursuites pénales engagées à leur encontre n’était disponible à la fin de l’année.

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