RDC. Il faut que les autorités facilitent l’exercice du droit de manifester pacifiquement afin d’éviter d’autres violences

À l’approche des manifestations prévues le 23 décembre 2018 pour protester contre le report des élections en République démocratique du Congo (RDC) au 30 décembre 2018, Amnesty International appelle les autorités congolaises à prévenir de nouvelles violences en faisant respecter le droit à la liberté d’expression et en facilitant son exercice pacifique.

Nous exhortons les autorités congolaises à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour endiguer les violences qui ont eu lieu dans le sillage de la campagne et pour veiller au respect des droits aux libertés d’opinion, d’expression et de réunion pacifique.

Jean-Mobert Senga, spécialiste de la RDC à Amnesty International

« Nous exhortons les autorités congolaises à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour endiguer les violences qui ont eu lieu dans le sillage de la campagne et pour veiller au respect des droits aux libertés d’opinion, d’expression et de réunion pacifique », a déclaré Jean-Mobert Senga, spécialiste de la RDC à Amnesty International.

Amnesty International a recueilli des informations sur des dizaines de faits de violence commis dans le pays tout au long de la campagne électorale, actes imputables pour la plupart aux forces de sécurité et aux autorités locales qui soutiennent la coalition au pouvoir.

Toutefois, des partisans du candidat de la coalition au pouvoir Ramazani Shadary ont également été la cible d’attaques lancées par des sympathisants de l’opposition dans différentes villes, notamment à Tshikapa, Kisangani, Bunia et Kinshasa. Parfois, des violences ont même éclaté entre des partisans de candidats de la même coalition.

Il faut que les responsables de violences ou d’incitation à la violence soient amenés à rendre des comptes.

Amnesty International

Il faut que les responsables de violences ou d’incitation à la violence soient amenés à rendre des comptes.

Complément d’information

Ces derniers mois, la répression brutale de meetings de campagne et d’autres manifestations a fait au moins huit morts et des dizaines de blessés, outre les dizaines d’arrestations.

En 2015, le président Joseph Kabila n’a pas donné d’indication claire quant à l’organisation d’élections à l’issue de son mandat et, depuis lors, au moins 300 personnes ont été tuées par les forces de sécurité lors de manifestations contre le report des élections, qui auraient dû se tenir en 2016.