République centrafricaine. Le remaniement du gouvernement ne doit pas rimer avec impunité

La présidente par intérim de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, doit veiller à ce que les changements annoncés dans la composition du gouvernement ne permettent pas à des personnes soupçonnées de crimes relevant du droit international d’entrer au gouvernement et de bénéficier ainsi d’une impunité, a déclaré Amnesty International vendredi 23 mai 2014. L’organisation appelle aussi la présidente à faire le nécessaire pour que les responsables présumés de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’autres graves violations des droits humains soient soumis à des enquêtes et aient à rendre des comptes dans le cadre de procès équitables. « Amnesty International considère que les personnes pouvant raisonnablement être soupçonnées d’avoir commis des crimes relevant du droit international ou des atteintes aux droits humains ne doivent pas pouvoir occuper des postes gouvernementaux qui risqueraient de leur permettre de réitérer de tels actes », a déclaré Christian Mukosa, chercheur Afrique centrale à Amnesty International. « Il ne doit pas y avoir de place pour l’impunité en République centrafricaine. Il est impératif que les personnes soupçonnées d’avoir participé aux terribles atteintes aux droits humains qui ont été commises dans ce pays ces derniers mois soient soumises à des enquêtes, jugées et condamnées, et ne puissent pas profiter de leurs fonctions pour bénéficier d’une impunité. » « Le gouvernement de transition doit veiller à ce que les membres des milices anti-balaka et de la Séléka (et leurs alliés respectifs) qui sont soupçonnés d’avoir participé à ces atteintes aux droits humains soient traduits en justice afin que le pays puisse s’engager sur long chemin menant à une paix durable et au respect des droits humains. » Dans un discours devant le Conseil national de transition le 6 mai 2014, Catherine Samba-Panza s’est engagée à remanier son gouvernement pour qu’il n’exclue aucune tendance et qu’il soit plus représentatif. Amnesty International a mené trois missions sur le terrain en République centrafricaine depuis décembre 2013. Voir ici : Février 2014 - http://www.amnesty.org/fr/news/central-african-republic-ethnic-cleansing-sectarian-violence-2014-02-12 Décembre 2013 - http://www.amnesty.org/fr/news/central-african-republic-war-crimes-and-crimes-against-humanity-bangui-2013-12-19 Octobre 2013 - http://www.amnesty.org/fr/news/central-african-republic-violence-security-forces-now-out-control-2013-10-29