Slovaquie

Amnesty International ne prend pas position sur les questions de souveraineté ou les conflits territoriaux. Les frontières apparaissant sur cette carte sont basées sur les données géospatiales des Nations unies.
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Slovaquie 2022

Les Roms étaient toujours en butte à la discrimination. Des membres du Parlement ont proposé des modifications législatives visant à restreindre l’accès à l’avortement. Des violations des droits humains ont été commises contre des Ukrainien·ne·s. L’accès aux soins de santé pour les personnes transgenres était limité.

Contexte

Le mandat de la défenseure publique des droits, Mária Patakyová, a pris fin en mars, et le Conseil national slovaque n’a désigné son successeur que le 1er décembre, en la personne de Róbert Dobrovodský. Dans l’intervalle, les plaintes de la population au sujet de violations des droits humains se sont accumulées mois après mois sans être traitées.

Discrimination

Les autorités soumettaient les personnes roms à une discrimination généralisée.

Droit à l’éducation

La Slovaquie restait visée par des procédures d’infraction engagées par la Commission européenne en raison de la discrimination systématique, notamment la ségrégation, dont faisaient l’objet les enfants roms dans le système scolaire.

Droits en matière de logement

L’État n’a fait aucun effort pour améliorer les conditions de vie de milliers de personnes roms qui vivaient dans des quartiers informels et des zones coupées du reste de la société dans toute la Slovaquie. En juillet, Younous Omarjee, député européen, s’est rendu dans un quartier rom du village de Petrovce nad Laborcom et a déclaré qu’il était « honteux pour la Slovaquie et pour l’Europe que des Roms vivent dans des conditions moyenâgeuses ».

Recours excessif et inutile à la force

En juin, le gouvernement slovaque a présenté des excuses pour une descente de police qui avait eu lieu en 2013 dans des quartiers roms de la ville de Moldava nad Bodvou et s’est engagé à verser une indemnisation financière pour « l’injustice et la souffrance infligées aux victimes et à leurs familles, et pour leur longue quête de vérité ».

Droits sexuels et reproductifs

Malgré des excuses officielles présentées en 2021 par le gouvernement pour la stérilisation illégale de milliers de femmes roms entre 1966 et 2004, aucun mécanisme d’indemnisation approprié n’avait été mis en place à la fin de l’année.

Trois propositions de modifications législatives différentes qui visaient à interdire l’avortement ont été soumises par des membres du Parlement en avril, avec l’objectif déclaré de lutter contre le « tourisme abortif » malgré les informations faisant état de violences sexuelles commises à grande échelle contre des femmes et des filles ukrainiennes dans le cadre de la guerre en Ukraine. Néanmoins, aucune de ces modifications n’a été adoptée. C’était la 20e fois en deux ans que des parlementaires tentaient de restreindre l’accès à l’avortement légal en toute sécurité.

Droits des femmes

À la fin de l’année, aucun progrès n’avait été réalisé en vue de la ratification de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul).

Droits des personnes réfugiées ou migrantes

Depuis le début de la guerre en Ukraine le 24 février, la Slovaquie avait accueilli à la fin de l’année plus de 1 068 000 Ukrainiennes et Ukrainiens et répondu à leurs besoins immédiats. Parmi ces personnes, plus de 104 000 avaient demandé une protection temporaire dans le pays. Cela contrastait avec la politique hostile à l’immigration et le manque d’assistance portée aux réfugié·e·s originaires d’autres pays qui avaient rejoint l’Europe depuis 2015, ainsi qu’avec les discours et les politiques anti-immigration des autorités slovaques et de certains dirigeant·e·s politiques de premier plan.

À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, plusieurs organisations de défense des droits humains ainsi que la défenseure publique des droits ont dénoncé l’insuffisance de la protection des droits de groupes arrivant d’Ukraine et particulièrement exposés aux atteintes, tels que les ressortissant·e·s de pays tiers, les mineur·e·s non accompagnés, les Roms et les personnes transgenres. Ces dernières ont notamment été la cible dinsultes de la part de membres des forces armées aussi bien ukrainiennes que slovaques à la frontière entre les deux pays, entre autres violations des droits humains.

Droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexes

Le mariage et le partenariat d’union civile entre personnes de même sexe n’étaient toujours pas reconnus sur le plan juridique.

Le 12 octobre, deux personnes sont mortes et une autre a été blessée dans une fusillade dans le bar gay Tepláreň, à Bratislava, la capitale. Après une brève chasse à l’homme, la police a identifié l’auteur de ce crime : un homme de 19 ans qui avait publié un manifeste anti-LGBTI et antisémite sur Twitter juste avant l’attaque. Il a été retrouvé mort des suites d’une blessure par balle qu’il s’était lui-même infligée, selon la police.

Droit à la santé

L’arrivée de personnes transgenres en provenance d’Ukraine a révélé la mauvaise qualité des soins de santé disponibles pour ces personnes en Slovaquie. Des organisations spécialisées dans le soutien et le conseil aux personnes fuyant l’Ukraine ont recommandé que les réfugié·e·s transgenres quittent la Slovaquie pour des pays disposant de services de santé adaptés aux personnes transgenres. En avril, le ministère de la Santé a publié des lignes directrices sur la normalisation des procédures médicales de changement de sexe ; celles-ci n’imposaient pas la stérilisation ni la castration comme condition préalable pour obtenir l’autorisation médicale d’entamer une transition médicale. La publication de ces lignes directrices a suscité une levée de boucliers et a donné lieu à des déclarations discriminatoires de la part de plusieurs parlementaires. Les lignes directrices ont été suspendues le 18 mai.

En décembre, un groupe de professionnel·le·s de la santé et de psychologues a signé une « Déclaration des psychiatres, psychologues et autres spécialistes sur le transsexualisme », qui condamnait les lignes directrices proposées pour normaliser les procédures médicales d’affirmation de genre.