Trinité-et-Tobago

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TRINITÉ-ET-TOBAGO 2021

Les autorités continuaient de restreindre l’accès à la protection internationale pour les personnes demandeuses d’asile. Les femmes qui sollicitaient l’asile étaient toujours confrontées à un risque accru de violence liée au genre. Le gouvernement n’a pas aboli la peine de mort obligatoire ni inscrit la protection des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres dans la loi.

Contexte

Un état d’urgence, qui prévoyait notamment des restrictions du droit de circuler librement et un couvre-feu, a été mis en place pendant une bonne partie de l’année pour contenir la pandémie de COVID-19.

Droits des personnes réfugiées ou migrantes

En août, plus de 20 800 personnes réfugiées et demandeuses d’asile avaient été enregistrées auprès du HCR ; 86 % d’entre elles venaient du Venezuela et 7 % de Cuba.

Trinité-et-Tobago restait l’un des rares pays du continent américain qui ne disposaient d’aucune loi nationale sur l’asile. Cela signifiait en pratique que les personnes qui sollicitaient une protection ou qui se voyaient accorder un statut de réfugié·e par le HCR, l’agence chargée de traiter les demandes d’asile dans le pays, n’avaient toujours qu’un accès limité à un grand nombre de droits prévus par la Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés et son protocole, auxquels Trinité-et-Tobago est partie.

Cette année encore, les Vénézuélien·ne·s arrivaient majoritairement dans le pays par bateau, clandestinement, étant donné que la plupart des voies d’entrée leur étaient fermées. Cependant, les entrées irrégulières continuaient d’être considérées comme des infractions, ce qui exposait de nombreux demandeurs et demandeuses d’asile, dont des mineur·e·s, au risque d’être arrêtés ou expulsés, en violation du droit international relatif aux droits humains et des normes en la matière.

Point positif, les autorités ont permis aux personnes migrantes et demandeuses d’asile d’accéder aux vaccins anti-COVID-19.

Violences faites aux femmes et aux filles

Les femmes et les filles étaient toujours en butte à la violence liée au genre et à la discrimination.

Les Vénézuéliennes en quête de protection internationale ont indiqué avoir été fréquemment la cible d’actes de harcèlement et de violence sexuelle au cours de l’année 20201. En août 2021, selon des informations parues dans les médias, une Vénézuélienne a été enlevée et menacée de viol.

Les Vénézuéliennes avaient toujours peur de signaler des agressions, notamment par crainte que leurs agresseurs les dénoncent à la police ou aux services de l’immigration. En effet, dans le cadre juridique en vigueur, elles pouvaient être arrêtées ou expulsées.

Des Vénézuéliennes continuaient d’être victimes de multiples infractions liées à la traite à des fins de prostitution. Elles étaient notamment privées de liberté par des trafiquants, soumises à des viols et à d’autres formes de violence sexuelle, exploitées au travail et asservies en raison de dettes. Pourtant, les moyens alloués aux programmes contre la traite, qui visaient notamment à fournir aux femmes et aux filles un abri sûr, des soins de santé et un accompagnement, étaient toujours insuffisants.

Certaines demandeuses d’asile vendaient des services sexuels pour gagner leur vie. Elles devaient souvent travailler pendant de longues heures dans des conditions relevant de l’exploitation et avaient des dettes à rembourser après le voyage qu’elles avaient effectué pour entrer dans le pays.

Peine de mort

En novembre, le procureur général a annoncé des consultations nationales sur la peine de mort obligatoire, toujours en vigueur, dans l’attente d’un arrêt du Comité judiciaire du Conseil privé du Royaume-Uni, la plus haute juridiction d’appel de Trinité-et-Tobago.

Droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexes

Le procureur général a également annoncé des consultations nationales sur la législation condamnant les relations sexuelles entre personnes du même sexe. Une décision du Comité judiciaire du Conseil privé qui pourrait avoir des conséquences sur les droits des personnes LGBTI était toujours attendue à la fin de l’année.


  1. Trinidad and Tobago: Protect People Fleeing: Amnesty International Submission for the UN Universal Periodic Review, 39th Session of the UPR Working Group, 1-12 November 2021 (AMR 49/4554/2021), 5 août