Côte d’Ivoire. Ouverture du procès de Simone Gbagbo

Si le procès de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire Simone Gbagbo qui s’ouvre lundi 9 mai est une étape importante pour mettre fin à l’impunité, Amnesty International maintient que les autorités ivoiriennes doivent reconsidérer leur refus d’honorer leur obligation de la remettre à la Cour pénale internationale (CPI), conformément au mandat d’arrêt décerné à son encontre pour des accusations de crimes contre l’humanité.

Simone Gbagbo doit comparaître devant le tribunal le 9 mai à Abidjan pour des accusations de crimes contre l’humanité en lien avec les violences post-électorales de 2010-2011. Plus de 1 000 personnes ont été tuées au cours des violences qui ont éclaté lorsque son époux Laurent Gbagbo a refusé de quitter le pouvoir après avoir perdu une élection.

La Côte d’Ivoire doit faire savoir au reste du monde qu'elle est déterminée à rendre justice aux victimes de tous les crimes.

Gaëtan Mootoo, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest pour Amnesty International

« À moins que la Côte d’Ivoire ne s’adresse à la Cour pénale internationale (CPI) pour contester une nouvelle fois la recevabilité de cette affaire, elle doit remettre sans délai Simone Gbagbo à la Cour, a déclaré Gaëtan Mootoo, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest pour Amnesty International.

« Si le procès au niveau national se poursuit, les autorités ivoiriennes doivent veiller à ce que la procédure respecte les normes internationales relatives aux droits humains, notamment le droit à un procès équitable. La Côte d’Ivoire doit faire savoir au reste du monde qu’elle est déterminée à rendre justice aux victimes de tous les crimes. »

Complément d’information

Simone Gbagbo est inculpée par la CPI de crimes contre l’humanité, notamment de meurtre, de viol, de persécution et d’autres actes inhumains. Un mandat d’arrêt a été décerné à son encontre le 22 février 2012.

En 2014, la Chambre préliminaire de la CPI a rejeté une requête de la Côte d’Ivoire contestant la recevabilité de l’affaire, confirmée en appel en 2015. La Côte d’Ivoire a jusqu’à présent refusé de remettre Simone Gbagbo à la CPI.

L’époux de Simone Gbagbo, l’ancien président Laurent Gbagbo, et Charles Blé Goudé, allié de Gbagbo et leader d’un groupe de jeunes militants, sont actuellement jugés par la CPI pour crimes contre l’humanité en lien avec les violences post-électorales.

Simone Gbagbo a été inculpée et condamnée à 20 ans de prison le 10 mars 2015 pour des accusations de participation à un mouvement insurrectionnel, complot contre l’État et trouble à l’ordre public.