Russie. Neuf nouvelles arrestations à proximité des Jeux olympiques de Sotchi, dont celles de deux militantes des Pussy Riot

Les autorités russes doivent libérer immédiatement les neuf personnes – militants et journalistes – qui ont été arrêtées dans le centre de Sotchi, a déclaré Amnesty International. Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina, anciennes prisonnières d’opinion incarcérées pour leurs activités militantes pacifiques dans le cadre du groupe punk Pussy Riot, se plaignent d’avoir été arrêtées à Sotchi pour la troisième fois en trois jours. Les autorités ont affirmé mardi 18 février 2014 que leur arrestation était liée à un vol survenu dans un hôtel où elles séjournaient. Les militantes sont convaincues qu’elles ont été interpellées parce qu’elles avaient l’intention de tourner une vidéo musicale. « Dans la Russie de Poutine, les autorités ont transformé les anneaux olympiques – symbole mondial d’espoir et de dépassement de l’esprit humain dans ce qu’il a de meilleur – en menottes pour enchaîner la liberté d’expression », a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International. « C’est scandaleux. Des arrestations de militants à Sotchi et aux Jeux olympiques sont signalées presque quotidiennement. Le Comité international olympique doit condamner fermement ces neuf arrestations et toutes les autres interpellations de militants survenues à proximité de Sotchi. « Ces gens sont pris pour cibles uniquement pour avoir exprimé pacifiquement leurs points de vue. Les autorités russes doivent mettre un terme à cet engrenage de violations des droits humains autour du village olympique. » Parmi les personnes arrêtées le 16 février par des policiers et des hommes en civil figuraient également Semen Simonov, du Centre russe « Mémorial » de défense des droits humains, des journalistes de Radio Free Europe et du quotidien russe indépendant Novaïa Gazeta, et le défenseur local des droits civils David Hakim. Ce dernier a aussi été arrêté le 17 février pour avoir manifesté, seul, en soutien au prisonnier d’opinion Evgueni Vitichko. Selon Nadejda Tolokonnikova, les autorités russes les accusent d’être impliqués dans un vol survenu dans l’hôtel de Sotchi où certains d’entre eux résidaient. Elle pense que la véritable raison du harcèlement dont ils font l’objet à Sotchi est leur projet de tourner une vidéo musicale intitulée « Poutine va vous apprendre comment aimer votre patrie ». Cette arrestation survient seulement quelques jours avant le deuxième anniversaire, le 21 février, de l’interprétation par les Pussy Riot d’une chanson de protestation dans la principale cathédrale orthodoxe de Moscou. Cette action avait conduit Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et leur camarade Katia Samoutsevitch en prison pour « houliganisme ».

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