Russie. La libération de Platon Lebedev est bienvenue, mais reste insuffisante

Alors que l’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi approche, les autorités russes ont décidé de libérer un autre prisonnier d’opinion, mesure pouvant être considérée comme une manœuvre politique, a déclaré Amnesty International jeudi 23 janvier. La Cour suprême de Russie a rendu le 23 janvier un arrêt avec effet immédiat, qui réduit la sentence de l’homme d’affaires Platon Lebedev à la période déjà purgée en prison. Sa condamnation devait expirer en mai 2014. « Platon Lebedev a été enfermé à l’issue d’un procès entaché de graves irrégularités et motivé par des considérations politiques. La décision de la Cour suprême lui rend sa liberté trois mois à l’avance, mais n’annule pas sa condamnation ni ne répare l’injustice qu’il a subie », a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International. La décision de réduire la sentence de Platon Lebedev fait suite à la libération, en décembre 2013, de son associé et ancien prisonnier d’opinion Mikhaïl Khodorkovski à la faveur d’une grâce présidentielle. D’autres prisonniers d’opinion ont été remis en liberté au titre de la dernière loi d’amnistie. C’est le cas de Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova, membres du groupe punk Pussy Riot, et de quelques-uns des « prisonniers de Bolotnaïa ». Toutefois, d’autres prisonniers d’opinion sont toujours derrière les barreaux en Russie. « La libération au compte-gouttes de personnes incarcérées pour avoir exprimé sans violence leur droit à la liberté d’expression ne saurait se substituer à une justice efficace, a déclaré John Dalhuisen. « Les autorités russes doivent libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers d’opinion et retirer les charges pesant sur ceux qui ont déjà été relâchés. »

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