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Sri Lanka. Il faut abandonner les poursuites pour terrorisme contre des dirigeants étudiants détenus depuis 90 jours

En réaction au maintien en détention depuis plus de 90 jours des dirigeants étudiants Wasantha Mudalige et Galwewa Siridhamma Thero en application de la loi draconienne sur la prévention du terrorrisme, la chercheuse Thyagi Ruwanpathirana d’Amnesty International sur l’Asie du Sud, a déclaré :

« La persécution ciblée exercée sans cesse contre les leaders étudiants au Sri Lanka a un effet dévastateur sur la société civile et le droit de manifester. Les chefs d’accusation sans fondement visant Wasantha Mudalige et Galwewa Siridhamma Thero doivent être immédiatement levés et toute prolongation de leur placement en détention abandonnée.

Les chefs d’accusation sans fondement visant Wasantha Mudalige et Galwewa Siridhamma Thero doivent être immédiatement levés et toute prolongation de leur placement en détention abandonnée

Thyagi Ruwanpathirana, chercheuse d’Amnesty International sur l’Asie du Sud

« Alors que l’utilisation d’inculpations relevant de la lutte contre le terrorrisme contre des manifestant·e·s est excessive et totalement disproportionnée, les autorités sri-lankaises ne cessent d’y avoir recours contre les personnes qui les critiquent et les minorités pour museler la dissidence. Inculper des manifestant·e·s d’infractions s’inscrivant dans le cadre de la lutte contre le terrorisme constitue une violation flagrante des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique garantis par la Constitution sri-lankaise et par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel le Sri Lanka est un État partie. Le droit international relatif aux droits humains dispose que la législation anti terrorriste ne doit pas être utilisée pour réprimer pénalement les personnes qui organisent ou participent à des rassemblements pacifiques.

Les autorités sri-lankaises doivent abroger la Loi relative à la prévention du terrorisme, qui n’est pas conforme aux normes internationales relatives aux droits humains, et respecter l’engagement qu’elles ont pris de mettre fin à son utilisation. Les autorités devraient réexaminer immédiatement la situation des personnes détenues au titre de la Loi relative à la prévention du terrorisme, en garantissant un accès adéquat à des audiences équitables de mise en liberté sous caution. Elles devraient également libérer l’ensemble des manifestant·e·s faisant l’objet d’inculpations similaires et non conformes aux normes internationales. »

Le droit international relatif aux droits humains dispose que la législation anti terrorriste ne doit pas être utilisée pour réprimer pénalement les personnes qui organisent ou participent à des rassemblements pacifiques

Thyagi Ruwanpathirana

Complément d’information

Les deux dirigeants étudiants Wasantha Mudalige, organisateur de l’Inter University Students’ Federation et Galwewa Siridhamma Thero, organisateur de l’Inter University Bhikku Federation, sont détenus par les autorités sri-lankaises depuis le 18 août 2022. Leur détention a été prolongée de 90 jours le 21 août 2022 aux termes de la Loi relative à la prévention du terrorisme (PTA), dans le cadre de la répression massive exercée actuellement par les autorités contre les manifestant·e·s.

Leurs proches et leur avocat ont exprimé leur préoccupation pour la sécurité et l’état de santé des deux dirigeants incarcérés. Amnesty International a diffusé une Action urgente au sujet du maintien en détention arbitraire des deux dirigeants étudiants :

Amnesty International a déjà fait état précédemment de la répression exercée par les autorités sri-lankaises contre des manifestant·e·s, qui doivent faire face maintenant à des manœuvres d’intimidation et de harcèlement et des arrestations. La suppression des manifestations et des droits à la liberté de réunion pacifique, de mouvement et d’expression doit cesser, et le gouvernement doit protéger le droit de manifester.