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Japon. La décision « discriminatoire » sur les mariages entre personnes de même sexe est un coup dur pour l’égalité

Réagissant à la décision de justice prononcée lundi 20 juin au Japon, qui a confirmé l’interdiction par le gouvernement des mariages entre personnes de même sexe, Boram Jang, spécialiste de l’Asie de l’Est à Amnesty International, a déclaré :

« La confirmation par ce tribunal de l’interdiction discriminatoire des mariages entre personnes de même sexe par le gouvernement japonais est un revers très préjudiciable à l’égalité des droits dans le pays.

« Cette décision met en évidence les préjugés dont sont victimes les personnes LGBTI au Japon, et le manquement du gouvernement à son devoir de combattre ceux-ci.

« La décision rendue l’année dernière par le tribunal de district de Sapporo, qui a estimé que l’interdiction de ces mariages par le Japon était anticonstitutionnelle, a fait espérer des avancées sur ce terrain, mais la décision du 20 juin est un coup dur pour les couples de même sexe, qui auront certainement le sentiment d’être revenus à la case départ.

« Nous exhortons le gouvernement japonais à réviser en profondeur toutes les lois, politiques et pratiques introduisant des discriminations à l’égard des couples homosexuels de tous horizons. L’interdiction répressive du mariage entre personnes de même sexe au Japon doit être reléguée aux oubliettes de l’histoire. »

Complément d’information

Lundi 20 juin, le tribunal de district d’Osaka a rejeté les demandes de trois couples homosexuels – deux couples gays et un couple de lesbiennes – qui avançaient que l’interdiction des unions entre personnes de même sexe par le Japon était anticonstitutionnelle.

Il s’agit seulement du deuxième cas de ce type à être examiné au Japon, après que le tribunal de district de Sapporo a donné raison à trois couples de même sexe dans une affaire similaire l’an dernier.

Cette décision, rendue le 17 mars 2021, établissait que le gouvernement avait bafoué l’article 14 de la Constitution japonaise qui garantit le droit à l’égalité. Le tribunal de district d’Osaka a cependant estimé que l’Article 14 n’a pas été violé. 

Malgré les efforts de longue haleine déployés par les miltant·e·s en ce sens, le Japon n’a pas introduit de lois visant à éradiquer les discriminations se fondant sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles. 

Amnesty International continue à demander au gouvernement japonais d’accorder la priorité aux droits des personnes LGBTI et d’adopter une législation nationale qui soit exhaustive et interdise spécifiquement la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles.