Colombie. Amnesty International publie une «lettre du monde» exigeant que la défenseure de l’environnement Jani Silva soit protégée

Le 22 avril 2021, à l’occasion de la Journée internationale de la Terre nourricière, Amnesty International a lancé sa campagne intitulée « Lettre du monde » demandant aux autorités colombiennes de prendre immédiatement des mesures efficaces pour garantir la sécurité de la défenseure de l’environnement Jani Silva.

L’année dernière, dans le cadre de la campagne Écrire pour les droits, la campagne mondiale d’Amnesty et le plus grand événement en faveur des droits humains, plus de 415 363 personnes de dizaines de pays du monde se sont mobilisées pour demander la protection de Jani Silva, qui risque d’être tuée pour avoir défendu l’Amazonie et les droits de plus de 1 200 personnes vivant dans la zone de réserve paysanne de la Perla Amazónica (Zona de Reserva Campesina Perla Amazónica, ZRCPA), dans la région du Putumayo.

Parce que je défends mon territoire, on m’a mis un pistolet sur la tempe pour me tuer. Mais je reste sur mon territoire, nous ne pouvons pas fuir ou laisser la peur nous vaincre.
Jani Silva

Pour la nouvelle campagne lancée le 22 avril, Amnesty International a utilisé un algorithme pour compiler des centaines de lettres de solidarité envoyées à Jani Silva en une seule lettre symbolisant la solidarité mondiale et appelant les autorités colombiennes à prendre des mesures solides et efficaces pour protéger sa vie et garantir sa sécurité. Dans une vidéo publiée le 22 avril, 14 personnalités publiques, dont des artistes, des chanteurs et des comédien·ne·s de sept pays, ont lu à haute voix la lettre pour Jani Silva.

« Du fond du cœur, je peux dire que cette campagne est ce qui m’a permis de rester en vie, parce que je suis passée très proche de la mort, mais ce n’est jamais arrivé. Malgré tout, aujourd’hui, nous sommes en vie et c’est tout ce qui compte », a déclaré Jani Silva. « Parce que je défends mon territoire, on m’a mis un pistolet sur la tempe pour me tuer. Mais je reste sur mon territoire, nous ne pouvons pas fuir ou laisser la peur nous vaincre. Nous devons continuer de nous battre contre les menaces qui pèsent sur notre territoire, nous ne sommes pas les seules personnes menacées, le monde entier l’est, et nous devons protéger la terre qui nous permet de vivre. »

Jani Silva a consacré sa vie à protéger l’Amazonie et la vie qu’elle abrite des tentatives de groupes armés et d’entreprises multinationales de prendre le contrôle de son territoire. Elle a mené des programmes de reforestation et a plaidé en faveur de la mise en œuvre de l’Accord de paix signé en 2016 par les FARC-EP et le gouvernement colombien.

Elle a reçu des menaces de mort en représailles de son travail, mais les autorités colombiennes n’ont pas mis en place de plan complet et efficace pour garantir sa sécurité. Depuis janvier 2020, la protection de l’État s’est révélée insuffisante pour empêcher sept atteintes à la sécurité de Jani Silva, qui a notamment été la cible d’actes de persécution perpétrés par des inconnus, d’une surveillance numérique illégale menée par l’armée colombienne, de menaces de mort, de tirs d’arme à feu à moins de dix mètres de chez elle et d’un projet d’assassinat qui a été révélé.